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  • Aquarellemagnanerie

Edito juin 2019

…Dans ces trois journaux, je constate que les représentants de l’Eglise catholique en France ou de l’Eglise protestante unie de France, qui ont été interviewés se sont plus attachés à défendre la pastorale des funérailles de leurs Eglises respectives et les possibilités de l’améliorer que d’analyser les résultats du sondage concernant les motifs pour lesquels des personnes vont choisir une cérémonie civile ou aucune célébration.

Toutefois, à aucun moment, les représentants des Eglises ne se sont posés la question : Qui peut accueillir les personnes confrontées à la mort d’un proche, dans leurs vies personnelle et sociale lorsqu’elles expriment, parfois confusément, une quête de sens face au non-sens que représente la mort, alors qu’elles n’ont pas accès à la compréhension des paroles prononcées par le célébrant d’une cérémonie religieuse, ni aux gestes accomplis, ni enfin à ses symboles ? François Michaud Nérard, dans son livre déjà cité, constatant que le temps des funérailles est une étape indispensable pour ceux qui seuls et démunis doivent effectuer un travail de deuil, a répondu par une proposition pouvant paraître singulière et curieuse : amener les entreprises de pompes funèbres, publiques ou privées, à proposer aux personnes proches du défunt l’organisation de funérailles civiles avec lecture de textes et de témoignages, projection de vidéo, de photos, diffusion de musique, présence d’objets familiers… Il est vrai que les considérations commerciales ne sont pas absentes des nouveaux services proposés par les entreprises. Oui et alors ? Ces cérémonies civiles, en permettant de rendre plus forte l’évocation du défunt et de verbaliser les émotions des participants veulent créer une solidarité, vivifiant de ce fait leurs liens sociaux.

…Aucun représentant des deux Eglises n’a parlé des personnes qui, dans le sondage, n’envisageaient pas de cérémonie à l’occasion de leur décès, comme s’il n’y avait nulle intention, pour ceux qui seront présents de témoigner de la vie de la personne décédée, alors que, bien souvent, les proches ou les amis, aidés parfois par la bienveillance des employés des pompes funèbres, ressentent le besoin de rendre présent une dernière fois celui ou celle qu’ils ont connu par un mot, une parole ou un geste. 

Je trouve particulièrement intéressant de voir comment dans ces cérémonies civiles ou même en l’absence déclarée de toute cérémonie, surgit la question du sens lors d’une étape importante de l’existence des participants. Bernard Feillet, dans son homélie intitulée « Ces liens mystérieux de la vie et de la mort », pose la question essentielle : « Comment-ceux que nous avons tant aimés-continuent-ils à vivre en nous ? ». La réponse appartient à chacun d’entre nous, uniquement parce que nous sommes des humains, dans le secret de notre cœur et cette réponse change et se fait plus silencieuse et cependant plus présente au cours des années.

JJ ChevalierNuages