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Edito mars 2014

C’est à la lumière qui rayonne de la mort d’un être aimé que l’on comprend d’une façon renouvelée tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a été pour chacun de ceux qui l’ont suffisamment connu pour qu’il entre dans leur vie. Ce livre est l’illustration particulièrement sentie et émouvante de ce « ressouvenir » qui donne à tous les souvenirs que l’on a conservés de celui qui a disparu, un sens et une portée qui vont bien au-delà de ce que sur le moment on avait l’intelligence d’eux.

Il n’est pas une famille, même parmi celles dont l’histoire a été particulièrement heureuse, qui n’ait pas connu à son heure les angoisses de situations douloureuses, voire tragiques. Cela fait partie de la condition humaine : plus on est conduit à aimer, plus on est amené à souffrir. Aussi bien est-ce dans la famille, là où d’ordinaire les sentiments riches d’affectivités se développent avec le plus d’intensité, que se situe le creuset des plus grandes douleurs intimes. Mais c’est aussi le porche de la plus grande intelligence que l’on peut atteindre de l’homme dans sa profondeur. ( à suivre )

Marcel Légaut