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Edito décembre 2013

Pour moi l'essentiel de la raison d'être de l'Église, c'est la mission et non pas la conservation d'un exercice du sacerdoce qui ne date même pas des origines… En France, nous nous acheminons rapidement vers une situation tout à fait semblable à celle que connut l'Église primitive : des chrétiens partout, mais extrê­mement minoritaires, dispersés en tout petits groupes. L'Église se doit de leur donner la possibilité de célé­brer de temps en temps la Cène comme il semble que Jésus l'a recommandé à ses disciples, comme au moins ceux-ci en ont compris la nécessité quand ils ont commencé leur vaste campagne d'apostolat… De toute façon, l'Église ne peut accomplir pleine­ment sa mission dans le monde que par l'intermé­diaire d'implantations locales qui la rendent présente effectivement à tout homme quand celui-ci est conduit à prendre conscience plus totalement de sa condition humaine et des frontières de la vie, quand il approche du seuil de l'absolu et qu'il devient ainsi davantage capable d'être interpellé par Jésus grâce à la médiation des Écritures et des disciples… Aussi dans la situation qui s'annonce, et déjà elle existe dans plus d'un lieu, il semble que de façon iné­luctable on sera conduit à distinguer radicalement la fonction cultuelle que demande la célébration de la Cène, cette action communautaire chrétienne par excellence, de la mission apostolique, cet appel par la présence qui, avec le secours de la parole et de l'exemple, aide chacun à se rendre Jésus réel et actuel…. La fonction cultuelle, si elle demande de la foi et de la piété, n'exige pas la formation, la culture, la vie spirituelle, ni surtout le charisme relativement rare qui permettent la mission d'apôtre. Aussi les « pouvoirs » qu'elle requiert pourraient, même dès maintenant, être confiés à nombre de croyants qui, jugés aptes et dignes, auraient été au préalable ame­nés à regarder cette fonction comme faisant partie de leur rôle personnel dans l'Église. Sans qu'ils aient à quitter leur métier, ils seraient ainsi, en union avec l'Église et plus précisément avec l'Évêque qui la représente dans leur milieu, en mesure de renouve­ler la Cène dans leur communauté… Pour leur croissance humaine et dans la foi, ces croyants ont besoin d'être personnellement responsables de l'existence de leur communauté…

Le dialogue facilite la lecture et nous découvrons un "Légaut" se livrant totalement pour faire partager ses convictions. Mettez-vous en chemin avec ces deux croyants, vous ne le regretterez pas.

Antoine Girin Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.