logo
  • Aquarellemagnanerie

Edito octobre 2018

 

 

            Aujourd’hui,  « l’homme spirituel », celui  qui  place sa vie dans un mouvement d’accomplissement humain, peut enrichir  sa démarche de la prise de conscience de la  fin d’un monde qu’il pressent. Lucide, ne lui appartient-il pas de contribuer à sa manière à la re-orientation d’un courant de pensée qui s’est emparé de l’humanité et ainsi de témoigner d’une raison d’espérer ?

 

            J’ai écrit  cette méditation d’un « géonaute »  en préparant la semaine de rencontre intitulée « L’art pour sauver le monde »  envisagée fin juin de cette année à la Magnanerie de l’association. La rencontre n’a pas eu lieu mais il  reste le texte que vous pouvez découvrir  à la suite de ce mot d’introduction et qui n’engage que son auteur.

 

 

 

            Au nom du Dieu de tous les peuples, des prophètes,  de Jésus. Au nom d’un « Incalculable », d’un « Infini », d’un « Impensable » qui « agit » en moi, à qui je peux dire « tu », à qui je peux dire « je ».

 

            Au nom de Jésus de Jérusalem, impliqué dans le contexte politique de son époque, qui  faisait le choix  d’un message d’espérance pour tous. En dialogue avec les siens et « son Père », Jésus se mettait fidèlement en mouvement. Il devenait un  être d’une grande  singularité. Il faisait de sa  mort  le couronnement de sa vie. Son incomparable accomplissement humain, que j’entrevois dépouillé de surnaturel, stimule mon désir de devenir « disciple dans mon époque ».

 

            Au nom d’une Action qui se manifeste en moi, qui n’est pas que de moi et n’existe pas sans moi. Sans mes actes - réponse à cette motion que, par définition, je dis de Dieu - ma foi n’est que le spectre  d’un désir idéalisé. Il n’y a pas de foi sans acte.

 

            Au nom de l’homme, infime, éphémère qui entrevoit, en ce début de XXIème siècle, la fin d’un monde ? L’homme percevra-t-il qu’il a besoin de ce qui n’est pas lui pour devenir lui-même ? L’humanité, comprendra-t-elle l’enjeu planétaire d’une  « fidélité créatrice » contrepoids à une « spéculation destructrice » ? Avec d’autres, ne dois-je  pas  devenir  moi aussi  « géonaute » et, à ma mesure, contribuer  à  un  nouvel « âge de l’homme » où l’on pense, panse et vit ?  Hommes du cosmos, embarquons dans le  « vaisseau spatial » qu’est notre planète le trésor reçu de celles et ceux qui ont été des êtres accomplis. Corrigeons la trajectoire « projetée» jadis par Platon et soyons curieux des concepts émergeants de la philosophie car ils nous aideront à vivre en paix. Actualisons  le  message d’espérance reçu de Jésus en ayant foi en chacun. Plaçons l’homme comme point d’un nouveau départ pour produire - sans cesse, sans peur et en paix avec les siens - un « terreau  néguanthropique »*** planétaire ouvert sur « l’Incalculable ». Sans cela et tout  l’inattendu bienfaisant que cela promet, la terre n’aurait-elle pas été lancée dans l’espace pour rien ?

 

Vivre pour être.

 

 

*       Ce texte est inspiré des travaux de Marcel LEGAUT, Bernard STIEGLER et Christian AMPHOUX.

 

**     L’homme développe des outils technologiques « extérieurs à son corps » : silex, flèche, lunettes, imprimerie. Maintenant ce sont smartphone, big-data, intelligence artificielle…

 

***  Sorte de biotope favorisé par un modèle sociétal à bas niveau d’entropie qui permet  la vie humaine dans la durée.

 

 

Paul de l’Association Marcel LEGAUT