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Textes

C’est par l’accueil et l’appropriation de ce qui n’est pas lui que l’homme fait l’approche du sens de sa vie et s’accomplit

L’homme n’est pas par lui-même (…). Pour devenir lui-même il a besoin de ce qui n ’est pas lui, de ce qui se présente à lui du dehors et de ce qui provient de ses origines. Ce qu’il fait et ce qu’il pense, les manières dont il vit et dont il se développe, en dépendent. Cependant, pour grandir dans son humanité en ce qu’elle comporte d’original, il ne lui suffit pas d’user de ce qui se propose à lui ou de ce qu’il conquiert, de subir ce qui s’impose à lui ou de s’en accommoder ; il lui est nécessaire d’accueillir tout cela et de se l’approprier par une activité singulière qui lui est personnelle. Cette activité engage la totalité de ce qu’il est. Seule, elle oeuvre à l’unité, à l’unicité, à la réalité consistante et stable de ce qu’il devient.

Cette activité d’accueil et d’appropriation est spirituelle, à l’exclusion de toutes les autres auxquelles l’homme peut s’adonner et qui en soi ne le sont pas. Cependant elle est inséparablement liée à ces autres activités. Elle doit être découverte par chacun comme par révélation, au temps favorable que nul ne saurait commander. En effet, bien qu’elle puisse être d’une certaine manière indirectement préparée, elle ne peut pas être enseignée. De même, elle ne peut pas être conçue avant qu’on l’ait soi-même exercée. (…)

Par conséquent ce qui importe extrêmement à l’homme, ce n’est pas tant la longue file des situations, des événements, des états physiologiques et psychologiques, des conditions de vie qu’il a à connaître dans son histoire : succession des nombreux assujettissements, variés à l’extrême, dus à ses servitudes mais aussi à ses conquêtes, auxquels il est soumis parfois sans remède mais qui par ailleurs lui sont indispensables pour devenir. Non ; ce qui lui importe, c’est ce qu ’il fait de toutes ces réalités qui, bien qu’il ne sache pas leur échapper, bien qu’elles puissent le pénétrer en profondeur et développer en lui les conséquences les plus lourdes, bien qu’il doive de toute nécessité composer avec elles, ne sont pas fondamentalement enracinées dans ce qu’il est. C’est par l’esprit qu’il mettra dans son comportement à leur égard que, à partir d’elles, il pourra peu à peu devenir lui-même.
Devenir soi et rechercher le sens de sa propre vie, Aubier 1982, p. 27-29.