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Edito mars 2014

Marcel Légaut et le handicap.

Mon enfant au tambour (Mame, 1980, 216 p.)

La réflexion toute personnelle, entée sur la vie, le vécu en profondeur, de Marcel Légaut, s’est attachée, en 1980 à la préface d’un livre sur la mort d’un enfant handicapé. Jean Nolet de Branwere a rédigé un témoignage vrai sur ce que fut pour un couple et ses trois enfants la venue d’un enfant « différent », sa courte vie, ses joies. Avec intuition, Marcel Légaut évoque le partage de toute une famille, notamment, écrirait-on aujourd’hui,de la fratrie. D’une manière qui va à l’essentiel, il rappelle le rôle irremplaçable d’une communauté qui entoure la famille, donne la force d’assumer ce qui est, rappelle le scientifique qu’il fût, « la conséquence inéluctable des lois d’acier du monde de la matière et de la vie ».

C’est à la lumière qui rayonne de la mort d’un être aimé que l’on comprend d’une façon renouvelée tout ce qu’il a vécu, tout ce qu’il a été pour chacun de ceux qui l’ont suffisamment connu pour qu’il entre dans leur vie. Ce livre est l’illustration particulièrement sentie et émouvante de ce « ressouvenir » qui donne à tous les souvenirs que l’on a conservés de celui qui a disparu, un sens et une portée qui vont bien au-delà de ce que sur le moment on avait l’intelligence d’eux.

Il n’est pas une famille, même parmi celles dont l’histoire a été particulièrement heureuse, qui n’ait pas connu à son heure les angoisses de situations douloureuses, voire tragiques. Cela fait partie de la condition humaine : plus on est conduit à aimer, plus on est amené à souffrir. Aussi bien est-ce dans la famille, là où d’ordinaire les sentiments riches d’affectivités se développent avec le plus d’intensité, que se situe le creuset des plus grandes douleurs intimes. Mais c’est aussi le porche de la plus grande intelligence que l’on peut atteindre de l’homme dans sa profondeur. ( à suivre )

Marcel Légaut