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Edito mars 2019

Printemps  en vue !

 

Nous voici de nouveau invités  à (re)naître à nous-mêmes et à nous laisser transformer :
« Si le pommier ne fleurit pas en vous, il n’y a pas de printemps » (Jean Sulivan)
S’il n’y a pas en vous  puissance de re-surrection, Jésus n’est pas ressuscité.

FleurprintempsL’activité spirituelle ne se réduit pas à suivre un code de simple moralité. Le message des religions peut certes aider le monde à se maintenir dans une conscience éveillée.  Mais dans l’activité  spirituelle, (d’après Marcel Légaut, dans son dernier livre Vie Spirituelle et modernité p.234), chacun œuvre pour son accomplissement humain selon les motions et  les exigences qui montent en lui tel qu’il est. La vie spirituelle, c’est faire l’expérience de la Présence du divin en tout ;  c’est prendre conscience  que l’amour du prochain et l’amour de Dieu ne font qu’un ; c’est consentir au réel, précieux et cruel à la fois ; c’est tout prendre : « l’innommable souffrance des hommes et la rutilante merveille de la vie » (Christiane Singer)



Dieu n‘est pas seulement présent dans la brise légère (1 Rois 19/9) ; il l’est aussi dans l’ouragan, le tremblement de terre , le feu et… le néant (Maître Eckhart).
« Au long des piétinements des avancées et des reculs, au milieu de l’enchevêtrement des ambiguïtés et des complexités des comportements que provoquent événements, situations et rencontres, à travers peut-être aussi chances et malchance, quel cheminement ! […] Ce cheminement n’a eu besoin que de l’accueil qu’au long de la vie il a fait comme il l’a pu à une motion singulière dans son ordre. » (M. Légaut ibid.  p.237-238).

Le maître-mot est ‘consentir’ malgré nos limites, malgré la lourdeur des jours  ;  non pas « malgré » mais avec.
Jésus révèle en chacun de nous, qui que nous soyons,  une force de vie, de dépassement, de re-surrection. Il révèle aussi  ‘l‘éternisation’ possible de l’instant (« L’éternité, c’est la qualité de l’instant » dit saint Augustin).

Le message de nos Eglises n’est donc pas uniquement d’inviter chacun à une vie de bonne moralité ni de faire de nous des gens parfaits appelés à vivre dans un paradis terrestre;
mais « ce que je demande aux religions, c’est d’être contemplatives de la spiritualité de l’humanité entière, de se laisser éclairer par cette croissance qui déborde leurs repères, afin de ne pas rendre la foi impossible aux hommes et de maintenir pour eux les cieux ouverts » (Bernard Feillet L’étincelle du divin  DDB p.73) .
Et de célébrer les jeunes pousses au printemps.
                                                                                                             Bernard Lamy