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Actualités

Edito avril 2017

L'exigence de liberté intérieure

Au début du mois de février, Arte a consacré deux émissions sur Hannah Arendt (1906 - 1975). Cette politologue et philosophe  juive  d'origine allemande a pu fuir  en 1942 l'Allemagne nazie pour les Etats-Unis, échappant ainsi aux camps de concentration et à la mort. Sa réflexion  a porté entre autres thèmes sur le totalitarisme. Lors du procès d'Echmann en 1961-1962  à Jérusalem, elle a couvert l'événement pour le journal américain The New-Porker. Par la suite elle a publié ses observations et réflexions dans son célèbre livre Eichmann à Jérusalem[1] qui provoqua  des remous dans le monde juif et même occidental.

Que disait-elle ? Elle affirmait qu'Eichmann qui était chargé d'organiser la solution finale  ne s'y était pas livré par une sorte d'antisémitisme forcené, comme on le lui reprochait,  mais par une obéissance quasi obsessionnelle aux ordres qu'il avait reçus des responsables nazis. En effet, après avoir juré solennellement fidélité au Führer  et  à sa politique, il s'était appliqué avec une conscience aigüe à mettre en oeuvre  la mission qu'on lui avait confiée :  planifier l'envoi de centaines  de milliers de juifs vers  les chambres à gaz.  C'est ce qu'il n'a cessé  d'affirmer au cours de son procès : « Je n'ai fait qu'obéir aux ordres, lié par le serment que j'avais prêté ».  Cette attitude de soumission inconditionnelle,  Hannah Arendt l' appelle La banalité du mal, ici  sous sa forme extrême.  Le mot banalité ne relativise aucunement le mal ni ne dédouane son auteur, mais attire l'attention sur les piètres motifs qui poussent des individus à commettre le mal, à savoir  l'obéissance aveugle à leurs supérieurs à laquelle ils ne se sentent pas le droit de  déroger. "C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal." Nous sommes ici au comble de la déresponsabilisation, découlant de l'adhésion à un ou des chefs  incarnant la Vérité.

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Edito mars 2017

« L’Église ma mère et ma croix » (témoignage personnel)


 Les lecteurs familiers  de Marcel Légaut connaissent bien cette affirmation : « L’Église, ma mère et ma croix », mise en exergue dans son livre « Mutation de l’Église et conversion personnelle » :
cette phrase, je la prends à mon compte aujourd’hui.

Paquerettes« L’Église, ma mère » : Dès mon jeune âge (je suis né en 1943), j’ai baigné dans un  climat religieux  créé par  ma mère (mon père anticlérical en rajoutait à sa façon!). Je suis né dans l’Église, elle m’a nourri, elle m’a formé, (et déformé) : 15 ans d’internat dans les séminaires diocésains et 6 ans de ministère … sur un nuage : l’impression d’exister. La rupture du célibat obligatoire m'a ouvert les yeux, a cassé cette illusion.

« L’Église, ma croix » :  je tairai les années de souffrances, les doutes et les questions ! Mais je dirai que l’Église en me « réduisant  à l’état laïc » m’a rendu un fier service (« On ne le sait qu’après qu’un moment inaugure » (Jean Sulivan)


Oui, l’Eglise  m’a réduit : ce terme, je n’en ai d’abord vu que le négatif ; être réduit n’est pas confortable : perte d’identité, blessure, exclusion.
Mais le Souffle est resté  et lentement la vie spirituelle a pris toute la place.
Il m'a fallu avec de nouveaux frères ouvrir des chemins improbables. Après plus de 40 ans de mon pèlerinage  dans le désert embelli par la vie de  famille (charnelle ou spirituelle),  c’est le côté  positif qui domine : l’Église m’a réduit, m’a ramené à mon juste « je-suis ». à ma vraie nature, à mon être essentiel.
Merci, l’Église, qui me permet de revenir à moi comme on revient à soi après un coma…

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