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Bienvenue

imagebienvenueL’Association Culturelle Marcel Légaut a pour mission de transmettre la pensée de  Marcel Légaut, un spirituel pour notre temps. Marcel Légaut (1900-1990), dont la particularité était d’associer la recherche spirituelle avec la vie communautaire.

Poursuivant cette approche, nous proposons chaque année des rencontres à la Magnanerie, située dans le village perché de Mirmande (Drôme).

L’œuvre de Marcel Légaut, habitée par une exigence d’authenticité humaine permet d’approcher les questions de l’existence que chacun se pose à un moment de sa vie.

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Edito sept 2016

                      Quelques Nouvelles 301

Antoine, le fondateur  de « Quelques Nouvelles » (communément appelé « QN ») qu’il avait lancé  peu après la mort de Marcel LEGAUT en 1990, établissait entre nous, autant que cela était possible, une relation de cœur à cœur. Pendant 25 années, il  nous a fait à tous un beau cadeau : la lecture du texte choisi de Légaut nous ressourçait, les témoignages et les nouvelles des uns et des autres étaient appréciés. Avant de boucler sa 300ième et dernière édition, Antoine a souhaité que le Conseil d’Administration de l’A.C.M.L. prenne en charge la suite de cette aventure tout en nous invitant à adapter sa formule et en se  proposant de nous accompagner dans la période de transition.

Le site internet de l’association existe depuis 4 ans. Il ne proposait pas une lettre mensuelle puisqu’Antoine « faisait le job » avec l’appui d’une petite équipe. Cette aventure humaine a pris fin en juAntoinein 2016. Le Conseil d’Administration de l’ACML a accepté, avec joie mais aussi avec un peu d’inquiétude,  de porter la  responsabilité de la suite à donner à cet héritage précieux en restant lucide. Le « père » de QN  avait mis haut la barre  avec le « cœur à cœur ». Alors, la suite sera différente mais on fera de notre mieux. Pour cela, nous souhaitons associer les groupes, les membres de l’ACML et tous les lecteurs à l’édition des numéros de 2017.

Dans un premier temps le Conseil d’Administration va porter une édition mensuelle sous deux formes : envoi par courrier  pour celles et ceux qui, après consultation,  préfèrent ce mode de lecture et une « notification » internet à tous les  adhérents de l’association « connectés » ainsi qu’aux lecteurs qui le  souhaitent.

Lire la suite

Quelques nouvelles No 301 septembre 2016

                                                                                                    Marcel Légaut / DEVENIR SOI : Ch II, Titre I – Aubier 1982 p33 à 36.

Tout homme a une fonction sociale, ce qui implique de sa part l’observance de ce qu’on appelait jadis le « devoir d’état ». Il fait partie d’une nation et doit se soumettre aux lois qui en fondent l’ordre du moment. Il est le plus souvent membre d’une collectivité idéologique – société religieuse, parti politique, syndicat. En conséquence, il a à se plier à la discipline et à la doctrine qui règnent dans cette collectivité. Cependant les manières intimes de se comporter dans ces situations qui toutes, de l’intérieur et de la même façon, s’imposent à lui comme à chacun peuvent se situer à des niveaux fort différents.

Obéissance passive et adhésion aveugle.

La première manière,  accessible à tous, et dont souvent on se contente, est d’obéir passivement à ce qui est enseigné. «  Le règlement est le règlement », « la loi est la loi » et cela suffit pour qu’on leur obéisse. « La doctrine est la doctrine » et il n’y a qu’à s’y conformer.  « Nul n’a à avoir sa religion personnelle ». L’homme reconnaît ainsi , explicitement ou non, un caractère radicalement impératif à ce qui est réglementé, à ce qui est légalisé et à ce qui est enseigné, soit parce qu’il juge que l’autorité en place a la puissance d’imposer par la force ce qu’elle ordonne ou affirme, alors il se résigne et se soumet – c’est la situation en régime despotique -, soit parce qu’il regarde comme tabou ce qui est défendu , ce qui est illégal, ce sur quoi on ne doit pas se poser de questions – telle est la situation quand l’autorité en fonction revendique une participation assurée à la souveraineté et à la véracité de Dieu. L’homme peut se plier à cette obéissance de passivité et à cette adhésion de conformité parce qu’il est convaincu qu’elles sont nécessaires à l’efficacité de l’action que même sa nation ou sa collectivité idéologique, comme aussi l’unité dont celles-ci on besoin pour exister.

Cette première manière est loin d’épuiser ce qui en l’occurrence est humainement possible et désirable. Si elle dicte, même dans de bonnes conditions, le faire dans le métier ou la fonction, le comportement dans la société, elle dispense de leur donner un caractère personnel. Si elle façonne, même heureusement, les idées, elle ne demande pas de les penser à proprement parler, et par suite de les repenser à mesure que l’intellectualité progresse dans la vigueur, la rigueur et la précision, à mesure que de nouveaux horizons plus larges se découvrent.

Cependant toute insuffisante que soit cette malléabilité due à une soumission sans problème, ne développant en l’homme que des habitudes de la technique et les réflexes de l’évidence, ne cultivant que les automatismes de la mémoire et les activités d’une pensée quasi confondue avec la façon coutumière de dire, cette docilité peut se montrer utile. Il est des habitudes qui, si elles mécanisent, par ailleurs libèrent à certaines heures de la paralysie qu’engendre la panique.  Lorsqu’on est pris par le vertige du cœur et qu’on se trouve par suite intellectuellement ou moralement aveuglé, il est des tabous qui, tout onéreuses qu’en soient ultérieurement les conséquences protègent des faux pas aux suites souvent désastreuses.

Toutefois, cette manière de se mouler n’est pas spirituelle. Ne portant que sur le faire et le comportement, que sur le savoir et plus précisément que sur son expression, elle n’a pas accès aux profondeurs qui sont secrètement en chacun, elle n’en tire pas sa vigueur et ne les met pas en valeur. Elle ne saurait en rien transformer l’homme, du moins directement. Sans doute dans la prime jeunesse lui est-elle nécessaire pour une première formation. Par la suite, si l’homme ne dépasse pas ce niveau d’obéissance et d’adhésion (dépassement qui n’implique pas d’ordinaire qu’il ait à modifier pour cela ses comportements), cette manière de faire le laisse infantile et va jusqu’à le déformer, et souvent de façon irrémédiable.

Obéissance et adhésion de raison.

Il y a une autre manière d’obéir et d’adhérer qui, sans être encore spirituelle, est déjà plus proche de respecter la grandeur de l’homme, plus capable de mettre en valeur ses potentialités. Elle consiste à s’attacher aux raisons qui fondent à bon droit ce qui est commandé et ce qui est enseigné au lieu de s’en rapporter sans plus à leur caractère rigoureusement obligatoire. On insiste alors sur la sagesse du règlement et de la loi, sur la valeur de la doctrine.

Cette étape, ordinairement préparée par obéissance de passivité et par adhésion de conformité, ne demande qu’une éducation et qu’un enseignement bien donnés et bien reçus. Alors l’obéissance relève de la raison, même si par ailleurs l’homme continue à craindre une sanction ou, le cas échéant, à reconnaître le caractère indiscutable de l’autorité en exercice. De même, dans la logique rigoureuse et la charpente solide de la doctrine, l’homme qui adhère trouve des satisfactions qui fortifient son adhésion sans qu’il soit conduit à cesser pour autant de considérer cette doctrine comme fondée d’une façon absolue, exclusivement extrinsèque.

Aussi, à ce second niveau, l’obéissance exigée par le métier, la fonction ou la vie en société, et l’adhésion à la doctrine d’une collectivité idéologique sont plus solidement ancrées dans l’homme que lorsqu’il se cantonne dans la passivité et la conformité. Si des pressions extérieures viennent contester l’une ou contredire l’autre, l’homme a pour leur résister des moyens ignorés de ceux qui en sont restés à l’obéissance passive et à l’adhésion aveugle. Mais par ailleurs, cette obéissance et cette adhésion fondées sur des raisons qui peuvent être partagées par tous, quels qu’ils soient, imposent de manière identique le faire et le penser. Aussi, dans ces conditions, nul n’est conduit à les marquer de sa personnalité. En retour, nul n’en reçoit rien, du moins de façon directe, pour progresser sur son propre chemin d’humanité.

 

                                                                                                                                                                                                           Proposé par Paul