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Actualités

Journal d'une féministe décalée

C'est toujours pour moi un grand plaisir de lire un ouvrage de Marlène Tuininga : une langue parfaite, un style clair, une pensée incisive, beaucoup d'humour et avant tout les captivants récits d'une grande voyageuse qui a parcouru le vaste monde.

Elle est assoiffée de justice pour toutes et tous. Toute petite, elle se demande pourquoi elle dispose d'une maison correcte avec sa famille qui travaille sur les chantiers des compagnies pétrolières hollandaises alors que les Noirs et les Métis au service de celles-ci habitent de « vilaines baraques ». Il n'y a pas que les injustices économiques qui heurtent la jeune fille hollandaise. Il y a aussi toutes les discriminations plus perfides qui frappent les femmes par rapport aux hommes, et cela suscite également son indignation et sa révolte.

JournalFministe3Lire l'ouvrage de Marlène, c'est enrichir sa pensée et sa réflexion, des richesses insoupçonnées des femmes Dans « les marches de femmes » et leurs multiples réalisations, elle nous fait découvrir un monde où déjà un grand nombre ont abandonné leur image et leurs conduites de victimes pour la troquer contre celle de citoyennes politiques, où la peur a fait place à l'espérance et à la lutte pour un monde meilleur pour toutes et tous.

Andrée Michel (extrait de la Préface)

Marlène Tuininga a été journaliste aux Informations catholiques internationales (ICI) et à La Vie. Aujourd'hui elle se présente comme « journaliste militante ». Militante pour la paix, pour la dignité et l'égalité de tous, et en particulier de celles des femmes.

Pour tous les renseignements  : www.karthala.com

Prières d'homme en espagnol

L'AML d'Espagne vient de publier et d'envoyer à ses abonnés la seconde édition de Plegarias de hombre (Prières d'homme). Pour commander, veuillez vous adresser à Pedro León, secrétaire de l'AML (email: Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Le prix d'un exemplaire incluant l'envoi postal est de 12 €. Nous joignons plus bas une brève présentation rédigée par Domingo Melero, traducteur et responsable de cette édition:

GoyaOracion en el Huerto 2Cette édition de Pd'h possède quatre caractérisitques. Premièrement (comme dans les éditions antérieures) ont été réunis en un seul texte les préfaces des deux éditions de Aubier 1978 et 1984. Légaut approuva l'idée de récupérer les douze paragraphes supprimés et remplacés par douze autres en 1984 (Voir l'explication aux pages 106 et ss de cette édition). Deuxièmement (comme dans l'édition antérieure) ont été  inclus les textes de prière utilisés par Légaut durant les dernières années de sa vie et donc absentes dans l'édition de 1984 (voir les prières X et XI: "Très haut amour..." et "Vie et mort de Jésus..."). Troisièmement, la grande nouveauté est l'ajout de la version française des prières de 1984 (la dernière édition) ayant pour but de présenter en 58 notes, les variantes les plus significatives issues de la comparaison de cette version avec les quatre versions précédentes publiées en feuillets ou en livre à partir de 1972 (voir pp. 63-90). Essai d'édition critique, ces notes, même si elles contiennent peu de commentaires interprétatifs, montrent des changements très révélateurs quant à une meilleure intelligence du travail d'expression de Légaut ( voir par exemple, les notres 7, 8 et 17). À la fin de cette section, la version des prières de 1969-70 inclut quatre premiers paragraphes qui sont particulièrement réussis et caractéristiques de Légaut ([1]).  Finalement, le livre se termine avec un essai rédigé par Domingo Melero tant sur les idées de Légaut concernant la  prière que sur les textes de prière eux-mêmes. Cet essai a aussi été modifié et nous l'espérons amélioré à l'occasion de cette nouvelle édition. ([2]).

Pour voir les autres livres de Légaut traduits et édités en espagnol par l'AML, se référer à la page web suivante: http://www.marcellegaut.org/?id=libros&tit=Libros



[1] Pour l'élaboration de cette comparaison des 5 versions des prières, l'éditeur a pu compter sur l'aide de Serge Couderc.

[2] Voir la version en langue française du site web de l'AML.

Quels visages de Jésus et de Dieu rencontrons-nous

      L’ACML est membre du Parvis, rassemblement de nombre de « mouvements » autour, dans, à côté… de l’Église institutionnelle. Cette fédération d’associations tient chaque année son assemblée générale – en 2017 ce sera à Arras, les 17-18-19 novembre –. Cette assemblée générale, il a été décidé de la préparer, de manière à nourrir vers l’AG une réflexion des groupes. Un groupe de neuf personnes, dont Jacques Musset, a élaboré un vaste questionnaire : « Des chrétiens du Parvis s’interrogent et s’expriment dans une recherche en équipe sur « le sens de leur foi ». Ils veulent devenir personnellement et ensemble plus adultes dans leur foi chrétienne, pouvoir vivre avec aisance leurs convictions et en rendre compte de façon crédible ».

               Jusqu’à l’assemblée générale du Parvis, il est souhaité que soient recueillies réflexions personnelles, références bibliographiques (chapitres de livres, liens internet sur le sujet, articles de revues, interventions qui vous ont aidées et vous aident présentement).

               Un porteur pour cette coordination est donc sollicité, comme des bonnes volontés. Dès que le conseil d’administration aura connaissance, après cet appel, de l’identité du porteur de coordination, il sera annoncé sur le site et par Quelques Nouvelles et mis en relation avec les bonnes volontés. Le calendrier des rencontres 2017 ayant été décidé à Dijon les 19-20 novembre 2016, il peut aussi être décidé qu’une rencontre de 2018 (Pâques, Été) poursuivra cette exploration et, qui sait, permettra de retrouver l’esprit qui a animé quelques anciens à exposer la manière dont Marcel Légaut explicite Jésus[1] et magnifie Dieu tout en le sachant tout autre…

                                                                                                                                                   Dominique LERCH



[1] Raymond Bourrat, Guy Lecomte, Thérèse de Scott, Chercher Jésus. Une anthologie de l’œuvre de Marcel Légaut, Paris, Cerf, 2000, 264 p., épuisé.

 

Edito mai 2017

  Les contraintes éditoriales et les écarts incompressibles qui les accompagnent dans le calendrier, et qu'il faut bien s'approprier, font que les lecteurs de ce texte seront nettement mieux

informés que la rédactrice elle-même quant aux résultats des différents votes concernant d'une part notre association en son Assemblée Générale du 22 avril, et d'autre part notre pays qui aura élu

alors un nouveau président. Toutes informations et leurs conséquences non connues à l'heure où ce texte se doit d'être rédigé.

Ce qui est sûr, et là peu importe la date où l'on se place, c'est que notre association fête cette année  les 50 ans des Rencontres de la Magnanerie ! Soyons donc nombreux à venir jusqu'à

Mirmande sur une semaine ou l'autre de cet été pour marquer ensemble cet événement ! A chacun et à tous d'y penser.

Par ailleurs, si vous vous souvenez bien, cet anniversaire prend la suite de celui des 25 ans de l'Association Culturelle Marcel Légaut, en 2015, et du numéro 300 de Quelques Nouvelles, en 2016 !

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Quelques nouvelles mai 2017

L’obéissance de fidélité et l’adhésion de foi s’exercent dans l’intime de l’homme sans pouvoir être caractérisées par des signes extérieurs.

          Sans doute, quand l’homme a atteint un niveau spirituel suffisant, est-ce seulement dans le plus intime de son être qu’il entrevoit ce que l’obéissance de fidélité et l’adhésion de foi présentent d’original, de certain et de nécessaire pour lui. Pour se livrer à cette obéissance et à cette adhésion, il faut même qu’il les reconnaisse comme essentiellement enracinées en lui, fondées sur ce qu’il est en lui-même. Pour se maintenir réellement dans le dynamisme créateur qui les constitue, il ne doit pas avoir nécessairement besoin, comme si cela était possible de par la nature de cette obéissance et de cette fidélité, de s’appuyer sur des critères extérieurs à lui, et qui par suite présenteraient une objectivité incontestable et communicable. Autrement il se trouverait sans plus au niveau de l’obéissance et de l’adhésion de raison.

                En fait, cette obéissance et cette adhésion se sont développées en cet homme de façon si discrète qu’il ne peut guère préciser à quels moments de sa vie elles ont commencé à apparaitre  dans leur originalité et à faire percevoir leurs exigences à l’occasion de la loi, du règlement, de la doctrine. Ainsi en est-il également de la naissance de la conscience et du franchissement de tous les seuils de la vie spirituelle… Quand l’homme est en mesure de relire son passé, il entrevoit ces exigences poindre insensiblement sous la forme d’abord légère et furtive de désirs, de sollicitations. Ces exigences sourdent de ce qu’il a lui-même déjà vécu, et peut-être de plus loin encore… Elles apparaissent grâce à ce qu’il est, et préparent secrètement ce qu’il pourrait devenir. Il les voit ensuite grandir et davantage s’imposer. Elles prennent peu à peu à ses yeux un tel caractère impératif que celui-ci ne résulte plus seulement des convenances et des raisons qu’il peut se donner pour le fonder. Il peut même arriver que ces exigences aillent apparemment contre ce qui semble convenable et raisonnable…D’ailleurs nul autre, il le comprend, n’a à les connaitre de cette façon.

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Ce rien qui nous éclaire

La poésie ne se trouve pas d'abord dans les livres. Elle sautille comme un oiseau ivre sur les branches de nos vies. Il n'est pas nécessaire d'écrire ni de lire des poèmes pour se reconnaître d’elle. Mais il n'empêche qu'une certaine manière d'accueillir la parole, de se laisser dérouter par elle, d'y accorder son pas, peut vous donner ce goût intense et rare de perdre en vous le fil pour mieux le retrouver ailleurs. Autrement. Dégagé des pesantes certitudes. Capable de vous indiquer un chemin imprévu par où nul, avant vous, ne s’était jusqu’alors aventuré.

Lire et se laisser toucher par un tel accord, c’est en quelque sorte ressusciter en cet instant sans âge où la vie vous expulse de vous-même pour vous introduire de plain-pied dans son royaume. C'est retrouver cette impression première qui vous saisit, parfois dès l’enfance, devant les minuscules appels intérieurs qui vous orienteront ensuite avec douceur et fermeté sur les sentiers de votre exil, sans possibilités de retour en arrière : ce rien, cet imperceptible battement d’aile qui s’engouffre et déploie soudain en vous, dans le sens du courant, toutes les lumières du cœur. Vous n'avez de cesse alors de vous abandonner à la clarté d'un tel amour…

CeRienQuiNousEclaire Prendre un livre de poésie entre ses mains, c'est se donner la chance de rejoindre ces signaux inconnus qui nous hèlent avec constance entre les rives du temps, et nous emportent parfois avec ardeur. Comme s’il y avait urgence et comme si nous n’étions au fond, chacun, qu’une sorte de manuscrit étrange ne demandant qu’à être enfin déchiffré, en sa langue secrète, connue de nous seuls… Et encore !

Ceux qui se risquent à accueillir cette langue en eux et à l'offrir aux passants inconnus peuvent ainsi réveiller à leur insu, de proche en proche, ce goût pour chacun de devenir à son tour le poète dont il a toujours rêvé. Même si, l’ignorant, il n’a fait jusqu’alors qu’en pressentir, avec étonnement, le signe. Notre époque demande des transmetteurs de ce feu intérieur. Des éveilleurs que chacun est à même de devenir à son tour…

« Ce rien qui nous éclaire » est ainsi comme le chant d'un rouge-gorge posé sur la souche d’un vieil arbre au détour du chemin. Il entre dans la ronde. Il vous fait signe. Son chant n’appartient à personne. Pas même à l’oiseau. Il laisse simplement aller ce souffle qui le traverse, espérant juste qu'il soit suffisamment poreux à cette lumière qui cherche son Orient en chacune de nos vies.  

Je ne promets pas à celui qui saisit ce livre d'entendre à coup sûr, du premier coup, murmurer en lui cette voix remontée de l’enfance. Seuls certains livres sont  capables de cela : ils ont été, le plus souvent, écrits sur le  sable. Ou bien certains silences... Mais  j'assure que ces poèmes ont été reçus, l’un après l’autre, pas à pas, ligne après ligne, dans cette clarté mouvante : pas un de leurs mots n'aurait pu l’inventer. 

       Vous pouvez commander l’ouvrage à Jean Lavoué, L’enfance des arbres, 3 place vieille

       ville, 56 700 HENNEBONT     Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.                            Avec frais de port :

        A CE RIEN QUI NOUS ECLAIRE  :             1 exemplaire   13 euros                       15 euros  

                                                                      2 exemplaires 26 euros                     26 euros  

                                                     3 exemplaires                39 euros                       39 euros  

                                                               Port inclus + 5 euros hors Europe



 

 

Prier 15 jours avec Marcel Légaut

Pourquoi ce livre :  Prier 15 jours avec Marcel Légaut ? 

Le 30 mars 2017, sort en librairie cet ouvrage (disponible également auprès de l’ACML) auquel je pensais depuis de longues années. C’est pour moi une dette de reconnaissance envers Marcel Légaut, pour tout ce qu’il a été pour moi dans mon itinéraire de chrétien et de prêtre. Je l’ai découvert en 1991, grâce à deux livres envoyés par un ami alors que j’étais coopérant au Tchad : Patience et passion d’un croyant, Intériorité et engagement. Ils laissèrent sur moi une impression profonde d’unité, de cohérence, de force dans la pensée, de radicalité dans la vision d’un christianisme ancré dans la connaissance de Jésus. Marcel Légaut m’a accompagné durant mon séminaire, j’ai travaillé sur lui pour rédiger mon mémoire de maîtrise sur l’Eglise dans sa pensée, sous la direction de Hervé Legrand, qui n’aimait pas Légaut.

Prier15joursMLJe pensais donc à ce livre depuis plusieurs années, car après avoir travaillé théologiquement sur Légaut, je voulais mettre en lumière ce qui m’a au fond le plus apporté chez lui : le fait qu’il est un éveilleur et un maître spirituel, que sa foi profonde appelle à un cheminement jamais terminé. Il me semble que c’est une bonne approche pour transmettre son œuvre aux générations qui ne connaissent pas Légaut.

La petite collection « Prier 15 jours » a de nombreux avantages : elle est largement reconnue par un public intéressé par les questions spirituelles. Elle existe depuis de longues années, elle est bien présente dans les librairies religieuses et les meilleurs volumes demeurent de longues années après leur publication dans les rayons. Je pense qu’elle permettra à des personnes nouvelles de rencontrer Légaut. J’ai conçu ce petit volume, qui a un format léger (120 pages), dans cet esprit : le faire découvrir tout en permettant de vivre un itinéraire spirituel à sa suite et à sa manière. Il ne s’agit donc pas d’une découverte intellectuelle, mais d’une proposition pour entrer dans la compréhension intérieure de Légaut, et pourquoi pas ensuite, de continuer à le fréquenter.

Je suis donc heureux que le CA de l’ACML m’ait relancé il y a quelques mois pour écrire ce livre et que la direction littéraire des éditions Nouvelle Cité ait tout de suite accepté que Marcel Légaut entre dans leur collection. Il y avait clairement sa place.

Père Dominique Barnérias, diocèse de Versailles.

Vous pouvez vous procurer cet ouvrage au prix de 12,90 € en librairie ou au secrétariat de l’A.C.M.L. :

Françoise Servigne - 407 avenue de la Libération - 77350  Le Mée-sur-Seine – France –

01 60 68 91 49 ou 06 62 57 65 11 – Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

Edito avril 2017

L'exigence de liberté intérieure

Au début du mois de février, Arte a consacré deux émissions sur Hannah Arendt (1906 - 1975). Cette politologue et philosophe  juive  d'origine allemande a pu fuir  en 1942 l'Allemagne nazie pour les Etats-Unis, échappant ainsi aux camps de concentration et à la mort. Sa réflexion  a porté entre autres thèmes sur le totalitarisme. Lors du procès d'Echmann en 1961-1962  à Jérusalem, elle a couvert l'événement pour le journal américain The New-Porker. Par la suite elle a publié ses observations et réflexions dans son célèbre livre Eichmann à Jérusalem[1] qui provoqua  des remous dans le monde juif et même occidental.

Que disait-elle ? Elle affirmait qu'Eichmann qui était chargé d'organiser la solution finale  ne s'y était pas livré par une sorte d'antisémitisme forcené, comme on le lui reprochait,  mais par une obéissance quasi obsessionnelle aux ordres qu'il avait reçus des responsables nazis. En effet, après avoir juré solennellement fidélité au Führer  et  à sa politique, il s'était appliqué avec une conscience aigüe à mettre en oeuvre  la mission qu'on lui avait confiée :  planifier l'envoi de centaines  de milliers de juifs vers  les chambres à gaz.  C'est ce qu'il n'a cessé  d'affirmer au cours de son procès : « Je n'ai fait qu'obéir aux ordres, lié par le serment que j'avais prêté ».  Cette attitude de soumission inconditionnelle,  Hannah Arendt l' appelle La banalité du mal, ici  sous sa forme extrême.  Le mot banalité ne relativise aucunement le mal ni ne dédouane son auteur, mais attire l'attention sur les piètres motifs qui poussent des individus à commettre le mal, à savoir  l'obéissance aveugle à leurs supérieurs à laquelle ils ne se sentent pas le droit de  déroger. "C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal." Nous sommes ici au comble de la déresponsabilisation, découlant de l'adhésion à un ou des chefs  incarnant la Vérité.

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Quelques nouvelles avril 2017

La foi en soi et la fidélité à soi sont à la base de la religion « en esprit et vérité » de Jésus.

Cette fidélité à soi, liée par nature à la foi en soi, avec les exigences intransigeantes qu’elle impose en particulier à chacun par l’obéissance de fidélité et l’adhésion de foi, semble être l’ « accomplissement » dont Jésus a parlé au sujet de la Loi quand il annonçait l’adoration en esprit et vérité, la bonne nouvelle par excellence.

                Ainsi Jésus critique-t-il toutes les religions d’origine extrinsèque qui considèrent l’obédience absolue qu’elles requièrent comme le but en soi. Ces religions voient dans l’obéissance aux lois qu’elles imposent et dans l’adhésion aux croyances qu’elles enseignent l’objectif à faire atteindre, et non pas le point de départ nécessaire pour appeler à aller au-delà. Aussi sont-elles insuffisantes pour appeler l’homme à correspondre à tout ce qu’il est en puissance de devenir.

                Sans nul doute, de telles religions ont à quelque titre le droit de se réclamer de la justesse de l’esprit qui les inspire et de la vérité qu’elles servent. Cependant, à partir d’un certain niveau d’humanité - auquel d’ailleurs elles aident indirectement à accéder-, moins exigeantes que la « religion en esprit et vérité », elles ne portent pas ultérieurement à dénouer les liens qui enchaînent encore les potentialités spirituelles de chacun. Souvent au contraire, à cause de leur conservatisme foncier, de tendance matérialiste et d’origine politique, par leur façon de se comporter vis-à vis de leurs membres, ces religions s’opposent à la mise en oeuvre des possibilités de ceux-ci et les stérilisent lorsque les lois et doctrines ne sont plus adaptées aux besoins et aux moyens humains comme elles l’étaient aux temps où elles furent édictées, appliquées et enseignées.

                La fidélité à soi, l’alpha de la religion en esprit et vérité, est pour tous le chemin possible qui fait rapprocher de la foi en Dieu, l’oméga de cette religion. Cette foi en Dieu, tout autre que la croyance atavique, viscérale, qui possède spontanément l’homme, est presque invinciblement à certaines heures dramatiques, est la seule capable de l’engendrer à son humanité. Comme j’essaierai de le montrer dans ces pages, cette foi en Dieu, fruit et nourriture de la fidélité à soi, n’est pas séparable de la foi en soi qui de son côté est fruit et nourriture de la fidélité à Dieu. Et il est vain d’attribuer une antériorité et une postérité à ce qui n’est pas du temps.

                Mais alors, sans faire nombre avec lui, Dieu ne serait il pas au tréfonds de cet être mystérieux que l’homme est en lui-même, qu’il devient, et qui apparait sans cesse davantage à sa conscience à mesure qu’il grandit dans sa réalité singulière et unique? Ne serait-ce pas que, après avoir ainsi découvert Dieu en lui au coeur de son action la plus originalement personnelle dictée par la fidélité à soi, l’homme saura « voir » l’action de Dieu dans le Monde comme il fait en lui-même, et que de la sorte il saura accueillir du Cosmos, mais d’une tout autre manière que jadis, la révélation de l’existence de Dieu? d’une existence qui débordera de toute part celle qu’il a pu recevoir en lui.

Un prêtre dans la cité

Max Bobichon

Un prêtre dans la Cité

Entretiens avec Jean-Dominique Durand et Thomas Montmessin

Découvrez, au travers de riches échanges, le cheminement de Max en sa qualité d'Homme, de prêtre et avant tout de semeur de paix au sein de la ville qu'il aime tant, Lyon. Regards croisés entre un professeur d'université et un jeune ami de Max sur ses engagements depuis ses premières expériences dans son village natal de la Loire, jusqu'à ses premiers pas sur le parvis de la Cathédrale Saint-Jean comme petit clerc, puis en qualité de Doyen du Chapitre.

La sortie du livre est prévue pour fin 2016, année du soixantième anniversaire de son ordination. Son prix sera d'environ 15/20€. Merci de nous préciser votre intention d'achat en priorité par mail à l'adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser., ou au 06-78-54-33-86 (horaires de bureau).

 

Sommes-nous sortis de la crise du modernisme ?

Enquête sur le XXème siècle catholique et l'après concile Vatican II

 

Jacques Musset, éditions Karthala Novembre 2016

A la fin du XIXème siècle et au début du XXème, face à l’effervescence intellectuelle et sociale du monde européen, l’Église catholique vit repliée sur elle-même. Se sentant menacée par les remises en cause de la culture moderne, elle campe sur sa doctrine déclarée immuable. De l’intérieur cependant et en France notamment, des chrétiens prennent l’initiative de repenser le christianisme dans les domaines historique, biblique, philosophique, théologique et social. Leur objectif, c’est de faire entrer l’Église catholique dans la modernité afin d’actualiser l’Évangile en leur temps. L’historien Louis Duchesne, le bibliste Alfred Loisy, les philosophes et théologiens Maurice Blondel et Lucien Laberthonnière, le scientifique Édouard Le Roy, le militant social Marc Sangnier sont les grandes figures de ce mouvement.

Rome prend peur. Les acteurs de cette renaissance prometteuse, que leurs adversaires nomment « les modernistes », sont condamnés, voire excommuniés. Le pape Pie X (1904 -1914) met en place dans toute l’Église un système de contrôle pour couper court à la résurgence possible du péril

« moderniste ». Pendant cinquante ans (1914-1960), le catholicisme sera ainsi soumis à une chape de plomb sous les pontificats de Benoît XV, de Pie XI et surtout de Pie XII. La pensée officielle s’impose avec une redoutable fermeté. Les novateurs, notamment les membres des célèbres Écoles dominicaine du Saulchoir et jésuite de Fourvière, sont les cibles de la nouvelle inquisition. Les théologiens Chenu, Féret, Congar, De Lubac, Fessard, Teilhard sont ainsi destitués et même exilés. La traversée est rude pour tous ceux qui s’essaient à revivifier le catholicisme.

Arrive le concile Vatican II initié par Jean XXIII. En dépit d’ouvertures et d’innovations, la doctrine dogmatique et morale sous-jacente demeure en très grande partie traditionnelle. Les questions posées par « la crise moderniste » restent sans réponse. Peu d’années après la clôture du concile, une régression s’opère sous Paul VI et va s’accentuer sous Jean-Paul II et Benoît XVI. Face à cette situation verrouillée et qui le demeure sous le pape François, de pensée classique bien que soucieux d’ouverture aux personnes marginalisées, la nécessaire mutation du catholicisme reste-t-elle possible ? A quelles conditions les questions des « modernistes » pourraient-elle être prises en considération ?

13,5 x 21,5 cm – 284 pages 

20 €  + port 4€50

Vente en librairie et chez l'auteur, 12, rue du Ballon, 44680 Sainte Pazanne

 

Quand la foi dialogue avec la pensée contemporaine de Jacques Tyrol

À l'occasion du 8e centenaire de l'ordre des frères prêcheurs, ce livre d'entretiens entre des laïcs dominicains, hommes et femmes engagés au sein de la cité (associations, culture, famille, politique, économie), et des personnes de la société civile est un dialogue à plusieurs voix sur des thèmes sociétaux ou spirituels contemporains majeurs.

Situés au coeur du monde, aux frontières, aux périphéries avec un réel souci de comprendre et de dialoguer avec le monde tel qu'il est pour l'aimer en vérité, les laïcs dominicains se risquent à l'exercice de la parole. Ce thème de la parole, cher aux dominicains, traverse le livre : parole écoutée, entendue, partagée, proclamée, muselée, parole des hommes et Parole de Dieu à annoncer en tout temps et tout lieu.

Ainsi, les laïcs dominicains donnent-ils à voir leur manière très particulière de participer à la mission de prédication de l'ordre des frères prêcheurs, leur manière propre de vivre leur baptême dans le monde d'aujourd'hui.

Michel Allibert - Arnaud Arcadia • Guy Aurenche - Estelle Courjaret • Jacqueline Cuche ­Mgr Gérard Defois • Isabelle Donegani - Fabrice Espinasse • Elena Lasida - Philippe Le Vallois • Mireille Martin - Catherine Masson • Jean-Marie Petitclerc - Jean-Philippe Pierron • Michel Quesnel - Anne Soupa - Patrick Vincienne • Céline Weymann ­Dominique Wolton

                                                                          Jacques Tyrol est journaliste-pigiste

Format 15,2 x 23,5 * 238 pages * 22.00 € * ISBN 978-2-88918-900-

A commander chez votre libraire habituel ou à défaut à : Interface Communication, 60 rue de Rome - 75008 Paris