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Quelques nouvelles Juillet-Août 2019

               

Précarité de ces trois sortes de foi.

Croire en soi serait ainsi l'alpha et l'oméga de l'homme, s'il pouvait y atteindre par ses propres moyens. Cependant cette foi, comme les deux autres, reste en chemin, imparfaitement elle-même, confusément mêlée d'évidences et de certitudes qui lui sont étrangères. Comme les deux autres elle est cernée d'apparences et de données qui s'opposent entre elles, qui l'aident ou la combattent et tendent à la dégrader en confiance ou à la faire disparaître. Aussi toutes trois sont-elles sans cesse à ressaisir. Plus l'homme est adulte, mieux il sait mesurer la distance humainement infranchissable qui le sépare d'elles.

ML 22NBMarchantToutes trois sont nourries de recherches et les suscitent sans cesse. Fidèles à la lucidité, sans connaître complètement leurs limites, elles n'ignorent pas leur ambiguïté, leur impureté, leur fragilité, inhérentes à la condition humaine. Elles se refusent cependant à renoncer parce qu'elles sont essentiellement attente  ; sinon elles dégénéreraient nécessairement en certitudes doctrinales ou affirmations volontaristes qui relèvent du domaine des connaissances que l'homme possède et des résolutions qu'il prend ; connaissances et résolutions qui le limitent à ce qu'il est capable de penser et de vouloir comme quiconque. Ces dégénérescences impliqueraient de sa part, malgré les apparences, une démission foncière.

Toutes trois cherchent et attendent dans la nuit l'aide fondamentale sans laquelle elles resteraient précaires et proches de l'impossible. Sans cette aide qui, par la nature de ce qu'elle a à promouvoir, est nécessairement intérieure et discrète à l'extrême  jusqu'à pouvoir être reçue sans être reconnue, elles seraient restées pratiquement ignorées.

L’HOMME À LA RECHERCHE DE SON HUMANITÉ.

ChIV : L’INTELLIGENCE DE SA MORT -  Aubier, p 87

Quelques nouvelles juin 2019

L'intelligence de sa mort garde leur pureté à la foi en soi comme à la foi conjugale et paternelle.

 Il faut croire en soi pour pouvoir porter dans une conscience vive sa condition mortelle. La vision réaliste de la mort donne à cette foi son authenticité et l'empêche de dégénérer et d'être confondue avec la confiance en soi. La dépossession de soi que la pensée de la mort impose à l'adulte lucide, courageux, ne souffre en effet aucune compensation. Elle prolonge la dépossession déjà exigée par l'amour et la paternité. Elle purifie la foi conjugale et la foi paternelle, en ne leur permettant plus d'être contaminées et insensiblement amoindries par des facilités qui, pour être utiles et mêmes indispensables, ne doivent en aucune manière leur devenir essentielles.

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