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Prière et mission

La mission et la prière sont intimement liées. Il n’est pas de mission qui n’ait été aveuglément  préparée par la prière. Il n’est pas de mission qui ne soit sans cesse, dans son exercice quotidien, la source de la prière. C’est pourquoi toute activité due à l’exercice de la mission est prière.

Celui qui prie vraiment parce que sa prière est toute nourrie de sa mission, par sa seule présence aide à la prière, comme peut et doit s’y livrer celui qui, déjà, est engagé sur la voie spirituelle. N’est-ce pas là l’objet de votre mission, mes sœurs, et de votre prière ? De par votre vocation, votre prière et votre mission sont non seulement complémentaires l’une de l’autre, mais, de quelque manière, elles vont jusqu’à coïncider.

Thérèse d’Avila, votre Mère à toutes plus qu’aucune autre, a su, d’une façon qui certes lui fut propre, associer à sa mission la prière. Sa prière fut à l’origine de sa fidélité à l’appel exceptionnel auquel elle répondit avec l’ardeur de son alerte vieillesse. Inversement, sa mission, tout au long d’une activité singulière et extrême, soutint sa prière et lui donna l’occasion d’être élevée sur les sommets de la contemplation.

Thérèse d’Avila n’est pas la seule à vous aider ainsi à cheminer sur la voie qu’elle vous a ouverte, plus qu’elle ne vous l’a d’ailleurs réellement balisée. Toutes les carmélites de jadis, célèbres ou inconnues, qui la suivirent, chacune à sa façon, sont là aussi pour vous accompagner sur votre chemin si vous entrez dans l’intelligence de l’essentiel qu’elles ont vécu. Et vous toutes, mes sœurs, vous vous assistez mutuellement dans votre fidélité à votre vocation, grâce à la présence que vous avez les unes auprès des autres dans la véritable communauté de foi que vous constituez, laquelle réalise ce que Thérèse a désiré du grand désir de sa vie.

Que tous ceux à qui vous accordez fraternel-lement l’hospitalité reçoivent de votre présence discrète, de votre liturgie sobre et belle où certaines de vos prières « spontanées » atteignent au sommet si rare du vraiment vécu, et surtout de votre silence plein, tenu ensemble à l’heure de l’oraison, et dont je n’ose rien dire qui me paraisse en être digne, la lumière et la force d’être fidèles à la mission qu’ils ont à découvrir ou dans laquelle ils ont à être confortés !

Soyez-en bénies et heureuses ! Ils sont si nom-breux à notre époque, les hommes de bonne volonté, de droiture intime et d’intégrité intellectuelle, qui cherchent leur voie ou qui ont besoin d’être confirmés dans la leur. Vous le savez, par ce qu’ils découvrent et vivent grâce à vous, eux aussi ne sont plus étrangers à ce que vous vivez et devenez.

Marcel Légaut                         
Lettre aux Sœurs Carmélites (extraits)
Carmel de la Paix – Mazille (1982)