Quelques nouvelles juin 2026
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LE CHEMINEMENT DE JÉSUS (3)
Si nous avons quelques échos indirects de ce que Jésus a pu dire à certaine heures, lorsqu’il parlait de lui, c’est plutôt dans le 4e évangile. Mais les rédacteurs l’ont rédigé vers la fin du siècle, 60 à 70 ans après la mort de Jésus. Cela implique un travail de formation, de reformation qui apparaît dans cet écrit. On voit bien l’orientation générale que prend cet évangile. Il est assez proche des préoccupations de Marc, mais c’est à travers 60 ans de réflexions, d’expériences spirituelles qu’il a été écrit. De sorte que, avec les évangiles, nous avons un ensemble de textes qui parlent de Jésus à travers des mentalités, des expériences personnelles, des préoccupations extrêmement différentes.
Tout cela était pour une part étranger à ce qui s’est réellement passé parce que les évangiles vou-laient enseigner, fonder l’Église, lui donner des structures intellectuelles suffisantes pour qu’elle puisse conserver son originalité par rapport aux autres milieux intellectuels et spirituels qu’ils pouvaient rencontrer. Ces textes n’ont pas du tout été écrits dans les perspectives d’un aveu de ce que Jésus avait vécu avec ses disciples et qui aurait permis un cœur à cœur. Il faut le savoir pour relativiser les textes.
Par conséquent, ce que je vais vous apporter est très personnel et n’est pas sans écho avec ce que j’ai moi-même vécu et avec ce que j’ai moi-même à vivre. On ne peut faire plus. Chacun fera une approche du mystère de Jésus en proportion de l’approche de son propre mystère. De même, lorsque je regarde ma propre existence, ce regard total, globalisant sur mon passé n’est pas à ma disposition, il va dépendre de l’état spirituel où je me trouve aujourd’hui.
Donc, ce regard sur mon existence n’est pas définitif, une chose acquise, car à chaque moment de ma vie, mon existence sera perçue en proportion de ce que je vis. J’aurai des moments de particulière lucidité et d’autres d’obscurité. De même, la manière dont je comprendrai l’existence de Jésus dépendra de l’état spirituel où je me trouve maintenant, comme cela dépend aussi de tout ce que j’ai vécu jusqu’à présent. (à suivre)
Marcel LÉGAUT Annecy 1988
Articles et Conférences (Cahier 8 Tome III)
Ed. Xavier Huot, p. 553
Edito juin 2026
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La Nature, Mère de l’Humanité
Une méditation légautienne
https://marcel-legaut.org/d30d0877-b089-4c88-a035-36c0497e274b" alt="" width="146" height="101" />Dans la quiétude de leur recherche intérieure, les hommes et les femmes se trouvent souvent aux prises avec la tension entre leurs origines biologiques et leurs aspirations spirituelles. Pour ceux et celles d'entre nous qui ont trouvé une demeure dans la pensée de Marcel Légaut, cette tension n'est pas un conflit à résoudre mais un appel à entendre. Parler de la nature comme « Mère de l’Humanité » n'est pas céder à un panthéisme sentimental ou à l’animisme ; c'est reconnaître l'humus à partir duquel le Moi humain doit, avec peine et authenticité, émerger.
Légaut reprend à sa façon la citation d’Érasme :
L’homme ne naît pas humain, il le devient. Il écrit dans HRH (L’Homme à la Recherche de son Humanité) : L’homme est appelé à devenir ce qu’il est en profondeur. Ce processus de devenir ne se produit pas dans le vide et dans l'immédiat. Il s’accomplit au sein de la diversité et de la complexité du monde naturel. Pour comprendre sa vocation spirituelle, l’homme doit d'abord se réconcilier avec la Terre-Mère qui a mis au monde l’espèce humaine et qui continue de soutenir son corps.


