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Bienvenue

imagebienvenueL’Association Culturelle Marcel Légaut a pour mission de transmettre la pensée de  Marcel Légaut, un spirituel pour notre temps. Marcel Légaut (1900-1990), dont la particularité était d’associer la recherche spirituelle avec la vie communautaire.

Poursuivant cette approche, nous proposons chaque année des rencontres à la Magnanerie, située dans le village perché de Mirmande (Drôme).

L’œuvre de Marcel Légaut, habitée par une exigence d’authenticité humaine permet d’approcher les questions de l’existence que chacun se pose à un moment de sa vie.

Edito octobre 2020

 

En hommage au P. VALENSIN (1879-1953)

 

Quand je lui ai exposé mes doutes, Francis B. m’a conseillé de choisir pour mon éditorial un thème dont je ressentais le besoin de parler. Ceci se passait à la mi-août. Peu de jours après, je me suis souvenu de ce  que j’avais prévu et que j’avais oublié et qu’un brouillon de Juan Antonio R. pour le Bulletin de la Diáspora de ce mois de septembre me rappela. Il faisait allusion de façon voilée à mon attachement à « L’hypothèse défendue » du P. Valensin, penchant qui a fait que ce texte est connu à l’AML depuis des années[1]. Comme lors de la semaine de Mirmande en 2018, je l’ai présenté et j’ai vu qu’il n’était pas très connu ; j’avais noté d’en reparler en 2019, mais j’ai écrit sur un autre sujet et j’ai oublié mon idée bien que je l’avais notée.

 

 Je commencerai par un souvenir de la Magnanerie et une petite confidence. J’ai découvert « L’hypothèse... » à Mirmande, en 1977, à l’occasion de ma première visite à M. Légaut. Aux moments de la sieste et du calme, avant le topo de l’après-midi, je suis descendu plusieurs fois pour fouiner dans les grandes armoires du vestibule et du petit réfectoire. Quelle merveille ! La maison en silence et les étagères pleine de livres au parfum ancien, délicieux pour un jeune « raton » comme moi. Que sont devenus les nombreux livres de A. Loisy, H. Brémond et d’autres auteurs comme L’histoire du dogme de la Trinité du P. Lebreton, avec le nom de M. Légaut sur la première page, comme d’autres avec le nom de R. Masson par exemple ?

 

 Parmi tous, je choisis Regards I parce que je connaissais déjà le P. Valensin. Je commençai par l’introduction du P. Blanchet : « Un grand seigneur de l’esprit ». Le paragraphe en question m’attendait à la page 25 mais sans son titre[2]. Après la première impression de beauté, de précision et de courage dans le témoignage, je commençais à le ruminer, le traduire et le mémoriser. Ainsi, il est devenu partie prenante de mes archives minimum, avec quelques prières de Légaut et quelques poèmes, qui sont toujours dans ma mémoire… encore maintenant !

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Edito septembre 2020

 

 

BERNARD STIEGLER, UN PHILOSOPHE POUR NOTRE TEMPS ?

 

Bernard Stiegler J’avais depuis longtemps  classé le mot « salut » dans un  tiroir étiqueté « eschatologie » devenu très poussiéreux. Tout ceci m’apparaissait relever de la superstition. Je préférais m’intéresser  à « l’  homme à la recherche de son humanité » : ça avait « de la gueule » ce qu’écrivait Marcel Légaut !  En creusant un peu plus, je comprenais que cet homme en recherche plaçait sa vie sur un chemin d’accomplissement, autrement dit de son « salut » comme le disaient nos grands anciens. Par ailleurs, le hasard de mes rencontres professionnelles m’incitait à une réflexion prospective sur les usages de l’eau. Je ne pouvais alors plus faire l’impasse du changement climatique. Débordant du cadre de mon entreprise, les conclusions de  mes recherches  étaient à l’avance redoutées : les hypothèses actuelles sont telles qu’une fin de l’humanité ne sont pas exclues à l’échelon du siècle. Dès lors je me demandais   si  « un homme en voie d’accomplissement »  devait  être concerné par une humanité à la recherche de son « salut ». Et si oui, qu’elle peut être l’action créatrice de cet homme? C’est dans ce contexte que je rencontre depuis 2015, dans ses séminaires, ses topos, ses écrits et ses engagements le philosophe Bernard Stiegler. 

 

 

                J’aurais préféré  que Bernard Stiegler  contredise les conclusions auxquelles j’étais parvenu.  Avec d’autres, il confirme que nous entrons dans cette phase de l’anthropocène où l’action mortifère  de l’homme s’accélère. Nous savons cela et nous n’agissons pas. Des forces suicidaires collectives sont à l’oeuvre. Les Etats sont désemparés. Que faire contre nous-mêmes?

 

Pour comprendre et agir, ne convient il pas d’interroger les philosophes qui sont les seuls dont le  rôle est d’intégrer toutes les connaissances rationnelles d’hier et d’aujourd’hui quelque soit leur objet?  Bernard Stiegler, cet ancien élève de Derrida,  attire mon attention lorsqu’il dit : « Philosopher, c’est re-créer sans cesse une nouvelle façon de vivre, l’actuelle étant  en cours d’anéantissement». Bernard Stiegler synthétise son analyse:  « l'homme est en train de transformer à grande vitesse la biosphère en technosphère ».  Comme le pharmakon socratique, qui désigne à la fois  le remède et le poison, le numérique et, par extension , la technique ont pris le pouvoir sur  nos vies, alors qu'elles  devraient n' être que des moyens et des aides à notre service. Le développement des objets techniques et  de  modèles de sociétés basés sur le marketing et la disruption s’emballe aujourd’hui et se fait  sans le contrôle de « prescripteurs » capables de cantonner sa  toxicité dans ce qui est soutenable.  De ce fait, l’entropie - cette dégradation de l’énergie interne  qui meut tout « système » animé, organisme  et « exorganisme » - accélère son emprise  mortifère  sur l’humanité.

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Quelques nouvelles octobre 2020

 

L’ECHEC

LES ÉCHECS DANS L’ORDRE DE LA MISSION .

Mais il y a une autre source d'échecs fondamentaux qui n'est pas de l'ordre de l'amour ni de la paternité. Ce sont des échecs plus particuliers, en rapport avec la mission de chacun.

a)   La grandeur des échecs est proportionnée à la profondeur des grandeurs de la mission. Plus la vie spirituelle est réelle, plus les chrétiens peuvent connaître une vocation singulière (n'entendez pas par là une vocation singulière comme devenir ecclésiastique, religieux, il y a d’autres vocations singulières).

La fidélité à la réponse exige en général des facilités  au  départ qui se montrent  extérieurement assez ruineuses. Quand un jeune entre au séminaire, il a des facilités qui lui permettent plus facilement de faire le pas mais ce sont des facilités dont il  paiera  chèrement  le  prix  ultérieurement. Entrer au séminaire peut paraître une voie glorieuse, une vocation qui élève au- dessus des autres. Quand M. Portai parlait du recrutement des jeunes filles pour son œuvre, il me disait : "Je rencontre souvent des jeunes filles qui veulent se donner à Dieu mais quand je leur dis qu'il n’y a pas de vœux à prononcer, elles répondent : moi, il m'en faut plus". Quand on commence à laisser les chemins d'humilité en disant : "Va plus haut", cela facilite les choses certainement, mais ça les complique après terriblement.

Il y a aussi une certaine aisance dans le don de soi  qui  tire  sa  légèreté  d'une  certaine  inconscience, une inconscience qui va peut-être même au-delà de l'inconscience normale de celui   qui ne connaît pas encore l’existence. Le succès des petits séminaires vient en partie du besoin de protéger les enfants du contact de la vie, suffisamment pour que l'accès au grand séminaire, avec tout ce que ça implique de vœux  et de  renoncement affectif  pour être  prêtre,  ne soit pas trop  lourd. Quand un enfant n'a jamais connu les réalités de la vie, le célibat lui paraît quasi normal. Ultérieurement, les choses changeront d'aspect. La  facilité  du  départ  sera  lourdement  payée  après, à tel point qu'il est possible que le jour où le prix sera  à  payer,  on  n'ait  plus  que  des chèques sans provision. 11 y a des faillites qui sont la conséquence des facilités avec lesquelles on a pu être généreux au départ. Je parle du célibat parce que  c'est  un  exemple  facile  mais  je  pourrais vous en citer d'autres. Un autre exemple : quelqu'un qui se marie. Une jeune fille ne se  marie pas toujours par sagesse ; à partir d'un certain âge, elle se marie parce qu'elle a peur de la solitude qui va arriver. Par certains côtés, le mariage va régler son problème actuel, elle ne sera plus seule ; mais après elle ne sera plus jamais seule et cela arrive précisément à devenir plus difficile. Il y a donc  des décisions  de  ce  genre  qui sont facilitées par des considérations précaires et qui ultérieurement deviennent extrêmement onéreuses. Tout cela représente des  échecs,  des échecs en puissance.

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Quelques nouvelles septembre 2020

 

                                                                                                                              L’ÉCHEC

 

Topo de Marcel Légaut du 1er août 1961 :   extrait n°6

 

 …/…A suivre : « LES ÉCHECS DE BASE SONT DUS AU DÉPHASAGE AVEC L’IDÉAL HUMAIN: »

 

 Si vous acceptez tout ce que je vous ai dit, si vous ne considérez pas ça comme des rêves, si vous considériez ça comme des choses, sinon possibles  au  moins  désirables,  comme  des  étoiles - limites vers lesquelles l’homme adulte, dans une croissance indéfinie de son être, doit approcher, il est normal que ces extrêmes objectifs de l'amour et de la paternité, déjà tout entiers enclos secrètement dans le premier regard d’amour ou dans le premier baiser paternel, exige de la part de l’homme ou de la femme, du  père ou de la mère, des  croissances  spirituelles qui sont tout à fait, je dirais, mal-proportionnées aux  moyens réels que l’homme et la femme ont ordinairement  pour se développer spirituellement. D'où un déphasage fatal entre ce qui devrait être réalisé pour que la plénitude de l'homme dans l’amour et la paternité y trouve sa réalisation et d'autre part s'y crée. Ce déphasage est à l'origine des échecs de base, des échecs non conséquence du péché, des échecs qui n'écrasent pas totalement parce que, en définitive, c'est encore des êtres spirituels dont il s'agit, et qui cependant restent intimement au fond du cœur de l’homme.

 

a)  Nos carences font partie de notre grandeur.

 

Dans cette perspective, ce n’est pas la peine d'essayer de se battre la coulpe avec bonne volonté  sur des péchés imaginaires comme on peut en avouer en confession. Mais il suffit simplement de prendre la vie comme elle se présente, avec sa réalité profonde, pour se rendre compte que malgré tout ce qu’on peut être et tout ce qu'on voudrait être, il n’est pas possible de ne pas être en déphasage vis-à-vis de ce qui devrait être. Ce n’est plus de l'ordre de la morale. Les moralistes sont mis à la porte. Ce n'est plus de l’ordre de la confession. C'est de l’ordre de la condition humaine. C’est de l’ordre de la condition humaine, cette sorte de pénurie, qui est notre grandeur  parce que c’est précisément la conséquence de la conscience de ce que nous pourrions  être, de ce que nous sommes appelés à être et de ce que nous ne pouvons pas être.

 

Remarquez d'ailleurs que. dans ce domaine, ce n'est pas simplement une carence  essentielle  à chacun mais il est évident que, dans l'ordre de l’amour comme dans l’ordre de la paternité, on n’est pas seul. L’homme aime sa femme et la femme aime l'homme. Evidemment, l'amour est encore plus difficile si l’homme et la femme ne se correspondent pas bien. De même dans la paternité, il est incontestable qu'il y a des carences des enfants par exemple qui  nuisent  profondément au développement de la paternité, de telle sorte qu'il y a un enchevêtrement de destinées et de défaillances — prenez le mot "défaillance" pas  dans  le  sens  peccamineux  du  terme, ce ne sont pas des péchés, mais dans le sens de "ratés".

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