logo
  • Entete1
  • Entete10
  • Entete11b
  • Entete2
  • Entete3
  • Entete4
  • Entete5
  • Entete6
  • Entete7
  • Entete8
  • Entete9
  • Accueil

Bienvenue

imagebienvenueL’Association Culturelle Marcel Légaut a pour mission de transmettre la pensée de  Marcel Légaut, un spirituel pour notre temps. Marcel Légaut (1900-1990), dont la particularité était d’associer la recherche spirituelle avec la vie communautaire.

Poursuivant cette approche, nous proposons chaque année des rencontres à la Magnanerie, située dans le village perché de Mirmande (Drôme).

L’œuvre de Marcel Légaut, habitée par une exigence d’authenticité humaine permet d’approcher les questions de l’existence que chacun se pose à un moment de sa vie.

Edito novembre 2020

Dieu n’est pas le Dieu des morts, il est le Dieu des vivants

Jean-Baptiste Ehrhard (1914-1996) a laissé cette méditation sur une parole de Jésus reprise en Matthieu 22, 32. Il nous permet ainsi d’entrevoir la réflexion spirituelle d’un des membres du groupe Légaut:

« Ceux qui sont morts ont disparu à nos yeux. Pouvons-nous les joindre, pouvons-nous communiquer avec eux ? Écoutez mon interrogation ! Ceux qui sont morts, parfois, ont tenu une si grande place dans notre vie : n’étaient-ils pas la lumière de nos yeux ? La source de notre joie ? L’âme de notre âme ? Et ce serait fini à jamais ?

Mais comment les retrouver, nous qui avions communié à ce qu’il y avait de plus profond, de plus intime, de plus spirituel en eux ? Par quelle voie les atteindre ? Les approcher ? Sinon justement en nous recueillant nous-mêmes en ce qu’il y a de plus intérieur à nous ?

Nos défunts, nos trépassés, se sont endormis dans l’Esprit qui vivifie Jésus, dans l’Esprit de Dieu, dans le souffle de Dieu. Maintenant ils ont échappé aux divisions de l’espace et du temps, ils ont échappé à toutes les nécessités matérielles, à toutes les vicissitudes extérieures. Ainsi les joindre, c’est nous établir nous-mêmes sur le plan de l’intériorité où ils sont parvenus, en nous efforçant de vivre leur vie. Leur vie est abîmée dans l’intimité de Dieu, ce Dieu qui est à la fois leur demeure, leur nourriture, leur vie.

Alors, qui ne voit le chemin qui est le nôtre pour les joindre : nous approcher plus étroitement de ce Dieu, nous intérioriser plus profondément à sa Vie. C’est alors que nous deviendrons intérieurs à la vie de nos trépassés ! C’est alors que la conversation interrompue sur le plan visible, pourra se renouer, plus vivante, dans l’échange de nos êtres, échange silencieux s’il en est. Nous ne pouvons que nous égarer dans un au-delà construit avec les ombres du monde visible, en imaginant avec nos frères défunts, des rapports qui tendraient à les maintenir sur le plan de l’extériorité… plan dont ma vie spirituelle implique, dès ici-bas, l’affranchissement de plus en plus parfait.

Nos trépassés, s’ils sont soustraits aux vicissitudes du monde sensible, sont nés à la vie de l’Esprit, sont en Dieu. Aussi ne pouvons-nous concevoir entre eux et nous de plus beau lieu que la communion toujours plus étroite d’une vie intérieure dont Dieu est Source, Centre et Don. Vivre de manière à rester toujours digne de Dieu, n’est-ce pas le plus sûr chemin d’être toujours avec eux ! Ils sont en Dieu. Nous aussi nous sommes en Dieu (certes pas avec la même plénitude) et Dieu est en nous.

Or n’est-ce pas Dieu ce que nous appelons le ciel des êtres fidèles ! Le ciel est donc en nous, dans la mesure où Dieu y demeure. Ne sommes-nous pas, alors, fondés à penser que nos trépassés nous les portons en nous, et qu’ils sont incomparablement proches de nous ! Aucune consolation ne peut être plus sûre que cette communication active avec nos bien-aimés dans une intériorité sans cesse grandissante en proportion de notre union à Dieu !

Dieu ne nous les a pas repris : il les a accueillis en Lui et ainsi en accueillant Dieu, nous les accueillons. Dieu n’est pas le Dieu des morts, il est le Dieu des vivants.

Proposé par Dominique LERCH

Quelques nouvelles novembre 2020

L’ECHEC

ON PEUT REFUSER DE VOIR SES ÉCHECS.

Vous le voyez, nous ne sommes plus sur le plan de la morale. Ces échecs-là sont essentiels. Tant pis pour ceux qui ne les découvrent pas dans leur vie car en définitive ils y sont. S'ils ne les voient pas, c'est parce qu'ils sont myopes, c’est parce qu'ils ne  sont  pas  encore  suffisamment adultes et conscients pour les voir. La grande tentation, le grand danger, ce n'est pas de ne pas connaître ces échecs, c'est de faire tout ce qu'il faut pour ne pas les voir. Nous avons plusieurs manières de ne pas les voir. Je ne parle pas des enfants qui ne sont pas suffisamment développés pour les découvrir, c'est l'infantilisme de base. Beaucoup les  ignorent  parce  qu'ils  ne  sont  pas assez vivants pour pouvoir les trouver.

a) La grande tentation des autres est de trouver dans le sociologique, la morale, le raisonnable, le convenable, le normal... l'aide qui permet de porter plus légèrement l'échec en le minimisant, en l'estompant et en le faisant ainsi peu à peu disparaître.

La société engendre l'homme. Elle est la mère de l'homme, mais c'est aussi son tombeau dans la mesure où l'homme n'arrive pas à se dégager d'elle, à la dépasser.  L’homme  a  constamment  besoin de la société et, pour être vraiment homme, il lui faut pour ainsi dire la transcender. La   société par ses coutumes ne fait que légaliser les choses et tout au plus moraliser les instincts profonds de l'homme. Elle le protège de cette manière des premiers précipices, des premières difficultés. La morale est indispensable mais ultérieurement la  société est l'entremetteuse de tous les fléchissements de l'homme devant les exigences et les appels à la grandeur de la condition humaine. C'est ainsi par exemple que la stabilité du mariage peut faire croire à la pérennité de  l'amour quand il est en fait renoncé et blasphémé. Je ne parle pas des cas de mauvaises mœurs, c'est-à-dire d’hommes ou de femmes qui trompent leur mari ou leur épouse. Je parle simplement   d'un amour qui pratiquement n'est plus un amour. Le fait de croire que rester ensemble satisfait pleinement ce qu'est l'amour est une faute, une manière de colmater l'échec, de ne pas le voir et par conséquent de ne pas savoir en tirer le profit spirituel qui s'y trouve.

Si ce que je dis de l'amour est vrai, c’est encore plus vrai de la paternité. Il y a des paternités qui s'imaginent que, dans la mesure où les enfants sont propres, bien habillés, qu'on leur fait faire des études dans l'école  libre...  on  arrive à  satisfaire  pleinement tous les "devoirs", toute la plénitude  de ce que le père doit être pour l’enfant et qui précisément colmatent et cachent  l'échec  fondamental. C'est le drame de beaucoup de familles aisées où le père est trop pris par son travail (ou la politique...), la mère par ses relations, pour s'occuper de leurs enfants. L'enfant est bien pouponné mais, en définitive, la paternité n'existe pas.

Lire la suite