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Bienvenue

imagebienvenueL’Association Culturelle Marcel Légaut a pour mission de transmettre la pensée de  Marcel Légaut, un spirituel pour notre temps. Marcel Légaut (1900-1990), dont la particularité était d’associer la recherche spirituelle avec la vie communautaire.

Poursuivant cette approche, nous proposons chaque année des rencontres à la Magnanerie, située dans le village perché de Mirmande (Drôme).

L’œuvre de Marcel Légaut, habitée par une exigence d’authenticité humaine permet d’approcher les questions de l’existence que chacun se pose à un moment de sa vie.

Edito septembre 2020

 

 

BERNARD STIEGLER, UN PHILOSOPHE POUR NOTRE TEMPS ?

 

Bernard Stiegler J’avais depuis longtemps  classé le mot « salut » dans un  tiroir étiqueté « eschatologie » devenu très poussiéreux. Tout ceci m’apparaissait relever de la superstition. Je préférais m’intéresser  à « l’  homme à la recherche de son humanité » : ça avait « de la gueule » ce qu’écrivait Marcel Légaut !  En creusant un peu plus, je comprenais que cet homme en recherche plaçait sa vie sur un chemin d’accomplissement, autrement dit de son « salut » comme le disaient nos grands anciens. Par ailleurs, le hasard de mes rencontres professionnelles m’incitait à une réflexion prospective sur les usages de l’eau. Je ne pouvais alors plus faire l’impasse du changement climatique. Débordant du cadre de mon entreprise, les conclusions de  mes recherches  étaient à l’avance redoutées : les hypothèses actuelles sont telles qu’une fin de l’humanité ne sont pas exclues à l’échelon du siècle. Dès lors je me demandais   si  « un homme en voie d’accomplissement »  devait  être concerné par une humanité à la recherche de son « salut ». Et si oui, qu’elle peut être l’action créatrice de cet homme? C’est dans ce contexte que je rencontre depuis 2015, dans ses séminaires, ses topos, ses écrits et ses engagements le philosophe Bernard Stiegler. 

 

 

                J’aurais préféré  que Bernard Stiegler  contredise les conclusions auxquelles j’étais parvenu.  Avec d’autres, il confirme que nous entrons dans cette phase de l’anthropocène où l’action mortifère  de l’homme s’accélère. Nous savons cela et nous n’agissons pas. Des forces suicidaires collectives sont à l’oeuvre. Les Etats sont désemparés. Que faire contre nous-mêmes?

 

Pour comprendre et agir, ne convient il pas d’interroger les philosophes qui sont les seuls dont le  rôle est d’intégrer toutes les connaissances rationnelles d’hier et d’aujourd’hui quelque soit leur objet?  Bernard Stiegler, cet ancien élève de Derrida,  attire mon attention lorsqu’il dit : « Philosopher, c’est re-créer sans cesse une nouvelle façon de vivre, l’actuelle étant  en cours d’anéantissement». Bernard Stiegler synthétise son analyse:  « l'homme est en train de transformer à grande vitesse la biosphère en technosphère ».  Comme le pharmakon socratique, qui désigne à la fois  le remède et le poison, le numérique et, par extension , la technique ont pris le pouvoir sur  nos vies, alors qu'elles  devraient n' être que des moyens et des aides à notre service. Le développement des objets techniques et  de  modèles de sociétés basés sur le marketing et la disruption s’emballe aujourd’hui et se fait  sans le contrôle de « prescripteurs » capables de cantonner sa  toxicité dans ce qui est soutenable.  De ce fait, l’entropie - cette dégradation de l’énergie interne  qui meut tout « système » animé, organisme  et « exorganisme » - accélère son emprise  mortifère  sur l’humanité.

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Edito juillet-août 2020

 

En ce temps inédit, comment continuer à « vivre-libres-ensemble » ?

 

Comment poursuivre notre « vivre-libres-ensemble » (1) en cette période exceptionnelle, inédite, incertaine au cours de laquelle nous ne pouvons nous rencontrer sans risque ? Comment, pour celles et ceux qui le souhaitent, engager ou poursuivre des échanges grâce aux moyens de communication dont nous disposons aujourd’hui, de l’échange de courriers à la visio-conférence en passant par les messages internet ou téléphoniques ? Je vous propose, dans cet éditorial de l’été, de la lecture - partagée ou seule - et quelques pistes non exhaustives…

 

Vivre. Un appel à vivre vrai est lancé par Jacques Musset dans son dernier livre qui vient de paraître (2). Voilà une bonne manière d’entrer ou de poursuivre la découverte de la voie spirituelle de Marcel Légaut ! Cet ouvrage n’est pas un livre de spiritualité ni de développement personnel : c’est un témoignage de vie et d’expérience de la fécondité de la démarche d’humanisation proposée par Marcel Légaut. C’est, également, une invitation pour chaque lectrice et chaque lecteur à poursuivre ou à entrer dans cette démarche d’humanisation « pour un monde plus juste et plus fraternel » (page 14). Jacques Musset écrit : « Je dédie cet essai aux hommes et aux femmes qui sont en recherche de "l’accomplissement humain" dans leur existence. […] Que chacun puise dans la démarche de Légaut ce dont il a besoin pour avancer dans la sienne propre. » (Ibid.) Personnellement, j’ai commencé à lire les livres de Marcel Légaut à partir de 2005 ; j’ai, depuis, lu et relu tous ses livres et tous les livres écrits sur lui ; j’ai lu trois fois cet ouvrage de Jacques Musset et, à chaque fois, cette (re)lecture m’a bousculé et a nourri ma vie intérieure. C’est un grand livre écrit par un « grand témoin » qui a cheminé avec Marcel Légaut, qui vit de la fécondité de sa vie et de son œuvre, et qui aide d’autres à la découvrir et à en vivre ; c’est donc un grand livre qui s’adresse aussi bien à celles et à ceux qui ne connaissent pas encore Marcel Légaut qu’à celles et à ceux qui cheminent déjà avec lui. De plus, afin de nous permettre d’aller plus loin, l’ouvrage se termine par sept recommandations - ou sept clés - pour lire Marcel Légaut.

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Quelques nouvelles septembre 2020

 

                                                                                                                              L’ÉCHEC

 

Topo de Marcel Légaut du 1er août 1961 :   extrait n°6

 

 …/…A suivre : « LES ÉCHECS DE BASE SONT DUS AU DÉPHASAGE AVEC L’IDÉAL HUMAIN: »

 

 Si vous acceptez tout ce que je vous ai dit, si vous ne considérez pas ça comme des rêves, si vous considériez ça comme des choses, sinon possibles  au  moins  désirables,  comme  des  étoiles - limites vers lesquelles l’homme adulte, dans une croissance indéfinie de son être, doit approcher, il est normal que ces extrêmes objectifs de l'amour et de la paternité, déjà tout entiers enclos secrètement dans le premier regard d’amour ou dans le premier baiser paternel, exige de la part de l’homme ou de la femme, du  père ou de la mère, des  croissances  spirituelles qui sont tout à fait, je dirais, mal-proportionnées aux  moyens réels que l’homme et la femme ont ordinairement  pour se développer spirituellement. D'où un déphasage fatal entre ce qui devrait être réalisé pour que la plénitude de l'homme dans l’amour et la paternité y trouve sa réalisation et d'autre part s'y crée. Ce déphasage est à l'origine des échecs de base, des échecs non conséquence du péché, des échecs qui n'écrasent pas totalement parce que, en définitive, c'est encore des êtres spirituels dont il s'agit, et qui cependant restent intimement au fond du cœur de l’homme.

 

a)  Nos carences font partie de notre grandeur.

 

Dans cette perspective, ce n’est pas la peine d'essayer de se battre la coulpe avec bonne volonté  sur des péchés imaginaires comme on peut en avouer en confession. Mais il suffit simplement de prendre la vie comme elle se présente, avec sa réalité profonde, pour se rendre compte que malgré tout ce qu’on peut être et tout ce qu'on voudrait être, il n’est pas possible de ne pas être en déphasage vis-à-vis de ce qui devrait être. Ce n’est plus de l'ordre de la morale. Les moralistes sont mis à la porte. Ce n'est plus de l’ordre de la confession. C'est de l’ordre de la condition humaine. C’est de l’ordre de la condition humaine, cette sorte de pénurie, qui est notre grandeur  parce que c’est précisément la conséquence de la conscience de ce que nous pourrions  être, de ce que nous sommes appelés à être et de ce que nous ne pouvons pas être.

 

Remarquez d'ailleurs que. dans ce domaine, ce n'est pas simplement une carence  essentielle  à chacun mais il est évident que, dans l'ordre de l’amour comme dans l’ordre de la paternité, on n’est pas seul. L’homme aime sa femme et la femme aime l'homme. Evidemment, l'amour est encore plus difficile si l’homme et la femme ne se correspondent pas bien. De même dans la paternité, il est incontestable qu'il y a des carences des enfants par exemple qui  nuisent  profondément au développement de la paternité, de telle sorte qu'il y a un enchevêtrement de destinées et de défaillances — prenez le mot "défaillance" pas  dans  le  sens  peccamineux  du  terme, ce ne sont pas des péchés, mais dans le sens de "ratés".

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Quelques nouvelles juillet-août 2020

 

… /… LES ETAPES DU DEVELOPPEMENT HUMAIN.

  La découverte de la paternité.

ML Souriant Après l'amour, il y a la paternité ; c'est l’étape quasi normale vers laquelle conduit l'amour. Mais  cette paternité pousse, beaucoup plus loin encore que le développement de l’amour, l’individualisation et la personnalisation de chacun car le père (ou la mère) reste seul  sur  son chemin, il est père. Ses enfants n'auront pas du tout sa singularité personnelle, même s'il est père comme tout le monde (c'est-à-dire s'il embrasse ses enfants matin et soir...). Il n’y a pas deux       pères qui se ressemblent parce que leur paternité la plus originale n'est pas tellement la paternité      du dehors, c'est-à-dire celle des sentiments qu'ils peuvent porter à leurs enfants mais c'est  la  paternité du dedans. Les enfants sont encore plus vivants peut-être au fond du cœur du père qu'ils    ne sont vivants devant ses yeux. La paternité du dedans est beaucoup plus originalement personnalisante que la paternité du dehors. Ses enfants, d'une certaine manière, ne sont pas en   dehors de lui mais sont en lui et restent en lui.

 Du côté de la maman, on insiste sur le fait que le cordon ombilical doit être coupé et qu’il n'est       pas toujours bien coupé. Du côté du père, ce n'est pas la peine d'insister sur cet aspect mais il est certain que les enfants restent "dans le père" d'une certaine façon, qu'ils sont nourriciers du père,     car si le père donne à ses enfants, la présence des enfants est essentielle à la nourriture spirituelle     du père. Il y a un échange, inconscient mais très réel, qui fait qu'à l'amour que le père porte à ses enfants il y a comme un fruit spirituel pour lui-même. C’est cet  amour  (non  pas  que  nécessairement les enfants portent à leur père) que le père porte à ses enfants au-dedans de lui-  même dont je parle. Les enfants sont greffés sur sa propre vie à tel point que dans les souvenirs      du père (ou du grand-père), les enfants sont  inséparables  des  souvenirs  personnels.  On  se  souvient de sa vie, avec et sans pouvoir se séparer du souvenir de ses enfants. Quand mon père    m’en parlait, on avait l'impression que les événements de l'enfant servaient continuellement de cadence pour l'histoire du père, tellement il y a une liaison intime, essentielle, entre la vie et la présence des enfants dans le père et la vie du père.

 Cela crée une originalité qui va bien dans le sens de tout ce que nous avons dit tout à l'heure.        Plus que l'amour en un certain sens, au moins autant et dans la même direction que l’amour, la paternité engendre la personnalité, engendre la vie spirituelle.

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