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Bienvenue

imagebienvenueL’Association Culturelle Marcel Légaut a pour mission de transmettre la pensée de  Marcel Légaut, un spirituel pour notre temps. Marcel Légaut (1900-1990), dont la particularité était d’associer la recherche spirituelle avec la vie communautaire.

Poursuivant cette approche, nous proposons chaque année des rencontres à la Magnanerie, située dans le village perché de Mirmande (Drôme).

L’œuvre de Marcel Légaut, habitée par une exigence d’authenticité humaine permet d’approcher les questions de l’existence que chacun se pose à un moment de sa vie.

Edito janvier 2021

editojan2021L'année 2020 avait pourtant bien commencé : un conseil d'administration de 3 jours en janvier à Paris, un dépliant annonçant les Rencontres de Pâques et de l'été avec les évènements liés aux 30 ans de la mort de Marcel Légaut, des éditions en cours...

Puis les brumes menaçantes du Covid sont apparues : le virus  imposa  alors ses exigences,  nous obligeant d'abord à annuler la semaine de Pâques et l'Assemblée Générale et ensuite  les Rencontres de l'été.

...Et donc, privés de ces journées* de Mirmande d'où l'on repart avec en soi  « des déplacements intérieurs essentiels »...

...et que dire de cette fin d'année douloureuse avec le départ soudain de Claude Challandes, membre du conseil d'administration de notre association, l'Association Culturelle Marcel Légaut...

On dit souvent qu'on découvre la saveur du pain quand on en manque. Cette disette imposée, cette disparition brutale me conduisent à revisiter la chance de connaître les amis de Légaut : une caravane qui aura bientôt 100 ans, qui étudie le passé pour comprendre l'avenir, qui cherche, travaille, échange, assure l'intendance et qui me semble porter, même  très humblement, un peu de ce que Jésus souhaitait que les hommes découvrent. Infimes, certes, éphémères, certes, mais nécessaires et peut-être plus que jamais en ces temps d'évolutions et de ruptures.

Il y a beaucoup de travail à faire pour, comme dit Thérèse de Scott, « déployer » l'héritage reçu et c'est une chance : ce travail exigeant, soutenu, rigoureux, nous empêchera de rouiller. A chacun de « s'y déployer », de trouver sa place, de proposer, de porter des projets. etc...

Vous savez les sièges vacants au C.A., le besoin  de compétences, une équipe qui a de la peine à se renouveler... des chantiers existants à conforter... des chantiers à ouvrir.

Merci à Françoise : Quelques Nouvelles peut paraître cette fois-ci. Merci encore à elle et aux animateurs : le programme 2021 sera normalement diffusé. La  Magnanerie n'a pas trop souffert de votre absence et vous attend.  

Meilleurs vœux à chacune et à chacun de vous, à votre entourage et prenez soin de vous.

Francis Bonnefous, pour le C.A. de l'A.C.M.L.

*Le trésorier vous parlera prochainement de l'incidence financière de cette année blanche.

Quelques nouvelles janvier 2021

LA RENCONTRE DE L'AUTRE EN PROFONDEUR

Le bon Samaritain, lorsqu'il rencontre un blessé et oublie que c'est un homme impur ou n'en tient pas compte, s'est approché de lui et lui a porté secours. Il l'a aidé à se dégager des difficultés où il se trouvait et il est parti. Une rencontre en profondeur va beaucoup plus loin.

Prenons un exemple. Un jour, grâce à son expérience personnelle qui lui a permis de prendre conscience de la réalité humaine des hommes et aussi des femmes, pour autant qu'il peut entrer dans le mystère d'une femme, un homme découvre que sa mère a eu une vie de femme. Elle a eu des joies et des souffrances de femme. Alors, telle phrase qu'elle a dite, tel silence, tel sourire, toutes ces choses dont nous ne nous souvenions absolument pas, qui ont été emmagasinées sans que nous en prenions conscience,  nous reviennent maintenant parce que précisément nous découvrons que notre mère est une femme. Ces souvenirs ensevelis dans nos archives vont réapparaître à la conscience claire à la suite de cette découverte. Alors on peut remarquer l'extraordinaire disproportion entre ce que je peux reconnaître d'elle, au-delà de ce que je connais.

C'est important, cette différence d'ordre entre la connaissance que je peux avoir de quelqu'un et la  reconnaissance. Cette reconnaissance est d'autant plus distincte de la connaissance, tout en en étant dépendante, que ma vie d'homme, ma vie spirituelle se développe. Plus je suis intelligent sur la condition humaine à partir de la prise de conscience de ce que je dois être, plus je suis intelligent de ce que l'autre est. 

Cette reconnaissance, c'est l'intelligence de ce que ma mère a pu vivre, ses joies, ses souffrances aussi. Elle est fonction du peu de choses que je sais d'elle, et, d'autre part, de l'activité qui m'est propre.

La reconnaissance en profondeur de l'autre se fait conjointement avec la découverte de ce qu'on est soi-même. et la relation que j'ai avec l'autre est autant pour le reconnaître à partir de ce que je sais de lui que pour me reconnaître à partir des souvenirs que je peux avoir de moi-même. Quand deux êtres se reconnaissent à ce niveau, ils s'enfantent mutuellement et, il faut bien le dire, l'homme a besoin d'être enfanté continuellement, en particulier par la femme, sa mère d'abord, et par les rencontres féminines qu'il fera le long de sa vie, dans la mesure où ces rencontres seront dans la ligne spirituelle à la fois de ce qu'il est et de ce que les autres sont.

J'imagine que la femme aussi a continuellement besoin d'être fécondée par la rencontre d'autres hommes qui par certains côtés lui apportent ce dont elle a besoin pour se développer spirituellement. La vie spirituelle est sexuée, il ne faut pas oublier ça. Je peux avoir une telle  rencontre avec un autre homme mais, que ce soit de l’hétéro - ou de l'homosexualité, dans les deux cas, il y a cet attrait qui permet d'avoir avec l'autre une communion en profondeur où chacun de nous se révèle à  l'autre tout en se révélant à lui-même. C'est capital au point de vue spirituel. 

Marcel LEGAUT, Retraite à St-Hugues de Biviers, novembre 1980