La lucidité, une vertu cardinale en notre temps
Nous vivons une période particulièrement critique en France, en Europe et dans le monde.
1. Circule une masse d’informations dans les médias et sur les réseaux sociaux qui répandent à satiété mensonges, calomnies et insultes. Aucun secteur de la vie sociale n’est à l’abri : ni le droit, ni la justice, ni les institutions ni ses adversaires. Qui n’est pas vigilant se laisse inconsciemment chloroformer, aveugler et asservir par ces pensées nocives qui l’endorment et le dépouillent de ses responsabilités de citoyen, de consommateur, de croyant.
2. De plus dans notre vaste monde, face à la complexité des situations d’ordre social, géopolitique, environnemental, et même religieux qui, à tous les niveaux, s’imbriquent les unes dans les autres, dans une interdépendance instable, qui ne fait pas l’effort de s’informer risque de prendre la posture de la résignation ou de la fuite et de chercher uniquement à sauver sa peau.
3. Enfin, devant la tendance des pays les plus puissants à chercher à acquérir par la force et sans égard pour le droit international une zone d’influence d’États vassaux sur laquelle ils règnent, nous européens, nous pouvons nous sentir fragilisés. Nous avons à organiser une résistance commune face à ces puissants qui veulent nous détruire et nous dominer. C’est vital aujourd’hui et demain.
Ces trois observations qui devraient être évidentes ne le sont pas pour beaucoup, par inconscience, paresse, désintérêt. Marcel Légaut nous appelle à la lucidité, comme il s’y est exercé toute sa vie dans son domaine par fidélité à sa « mission », et il n’a cessé d’y presser les membres de son groupe.
Nous ne trouvons pas dans ses livres ni dans son témoignage des réponses toutes faites sur ce que nous devons penser aujourd’hui. Son contexte et le nôtre sont différents mais nous y percevons, si nous sommes attentifs, la trace de l’exigence intérieure qui le motivait à réagir contre ce qui n’était pas vrai à ses yeux et à l’exprimer ouvertement.
Être disciple de Légaut, c’est aujourd’hui comme hier refuser de subir et de fuir, c’est faire face à la réalité dans laquelle nous vivons, s’essayer à “penser juste et vivre vrai”. Je vous invite à relire et méditer en ce sens deux passages de « Devenir soi » (pages 27 à 29) et de « Intériorité et engagement » (pages 33-34). Je vous suggère aussi de vous replonger dans le livre d’Orwell : ”La ferme des animaux” de 1947, critique humoristique mais sans appel des pouvoirs totalitaires et de leurs mensonges auxquels on peut se laisser prendre si on ne fait pas preuve de lucidité. Le film “Orwell : 2+2=5” vient de sortir le 25 février dernier : excellente séance de vaccination !
Jacques Musset
