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Quelques nouvelles Novembre 2026

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Catégorie : Actualités
Publication : 1 Novembre 2026
LE CHEMINEMENT DE JÉSUS (6)

Jésus très vite retourne dans son village. Dans l'évangile de Jean où on a certainement, comme dans Marc, des témoignages assez directs de ce que Jésus a vécu (les préoccupations des synoptiques étaient tout autres), nous voyons Jésus en train de baptiser de l'autre côté du Jourdain, Jean-Baptiste d'un côté, Jésus de l'autre, une sorte de concurrence. Mais Jésus avait sa manière de prêcher qui n'était pas tout à fait celle de Jean-Baptiste. C'était grâce à Jean-Baptiste qu'il prêchait, mais ce n'était pas de la même manière. De ce fait, les disciples de Jean-baptiste et ceux de Jésus ont commencé à discuter et à se disputer. (En somme, les premières rencontres théologiques !). Nous avons cela dans le 4e évangile (Jn 3,25). Jésus à ce moment-là arrête.

Là se place la découverte progressive que Jésus a probablement faite de sa mission. (L'évangile de Marc le montre bien). Celle-ci n'est pas au niveau de l'enseignement d'une doctrine, mais au niveau de rencontres personnelles, non pas au niveau de ce qui est dit, de ce qui est fait, mais au niveau de ce qu'on est. Sa mission n'est pas d'enseigner mais d'être et, dans la mesure où on ne se contente pas d'un enseignement mais où il y a ce contact de cœur à cœur, on travaille en profondeur pour l'avenir. Là est l'essentiel de l'évangile de Marc.

Jésus revient dans son village, son heure n'était pas encore venue. Jean-Baptiste continue d'avoir une très grande influence dont on ne parle pas trop dans les évangiles parce qu'on insiste surtout sur la mission de Jésus. Il ne faut surtout pas trop majorer cette influence. Il est très probable qu'il a soulevé des espérances messianiques, comme il y en a eu du côté de Jésus. Surtout, il a une grosse influence sociale, religieuse et même politique. Hérode en prend ombrage, le fait arrêter et décapiter. La mort de Jean-Baptiste était une prémonition de la mort de Jésus.

Au moment où Jean-Baptiste a été enfermé, Jésus à nouveau repart. Mais alors, ce qui montre sa différence, c'est qu'au lieu de remplacer Jean-Baptiste sur les bords du Jourdain, pour continuer à baptiser, il va dans les villages. Il n'attend pas les gens pieux, il va au tout-venant. Cela est capital, car ça manifeste en Jésus sa compréhension de la grandeur de l'homme, des potentialités des hommes de tous bords, qui dépasse de beaucoup ce que les dévotions et la piété permettent de vivre chez les gens les plus pratiquants. Jésus croit en l'homme et il y croit au-delà de ce que les pratiques et croyances religieuses permettaient de penser d'eux.

C'est un élément capital de ce que Jésus est venu apporter par sa vie. Croire en l'homme au-delà de ce qu'il fait et de ce qu'il dit, parce que ce qu'il est n’est pas épuisé par ce qu'il fait ni par ce qu'il dit, ni par la conscience qu'il a de lui-même. Il est au-delà de la conscience qu'il en a. (à suivre)

Marcel LÉGAUT Annecy, avril 1988

Articles et Conférences
Cahier 8, tome III p. 555-556

Edito novembre 2026

Détails
Catégorie : Actualités
Publication : 1 Novembre 2026
Des temps de Partage de la Parole et du Pain

En 2022, le groupe Légaut de Dijon a réalisé une lecture partagée des huit Lettres pascales aux amis confinés de François Cassingena-Trévedy publiées sur Facebook au moment du confinement (1). L’une de ces lettres a pour titre De la fabrique du sacré à la révolution eucharistique. Quelques propos sur le retour à la messe. Face à « la chosification récurrente et endémique de l’Eucharistie » et à ses deux corollaires, le consumérisme sacramentel et le cléricalisme, Frère François écrit : « L’Eucharistie n’est donc pas ce Quelque chose, si précieux soit-il, si « sacré » soit-il, à quoi nous la réduisons par commodité, par faiblesse, par régression, par intérêt : elle est Lui, elle est Nous […], elle est Lui avec Nous et Nous avec Lui, elle est cet Entre-Nous au milieu duquel Il surgit (ressuscite), au milieu duquel Il se produit librement comme Événement pascal, comme Événement unique ». Et il en appelle à la « révolution eucharistique » : « Nos églises vont-elles […] s’ouvrir pour un questionnement et un approfondissement de nos énoncés traditionnels, pour une interprétation savoureuse de la Parole de Dieu loin de toute réduction moralisante, pour une ouverture efficace aux détresses sociales, pour une perméabilité réelle aux inquiétudes, aux doutes, aux débats des hommes et des femmes de ce temps, en un mot pour la révolution eucharistique ? ». Suite à cette lecture partagée, nous nous sommes demandé comment nous pourrions participer à cette « révolution eucharistique ».

Depuis avril 2023, cela fait maintenant trois ans et demi, quelques membres de notre groupe se retrouvent toutes les 4-5 semaines « à la maison » pour un temps de Partage de la Parole et du Pain avec le déroulé suivant : nous prenons le temps de nous accueillir. Nous écoutons un court morceau musical. Puis, chacune/chacun dit ou dépose deux choses qui lui tiennent à cœur, qu'il porte en ce moment, un souci, une question, un projet, un émerveillement, une gratitude, un mot important pour lui ou pour elle, le titre d’un livre lu ou le livre lui-même, une phrase qui l’a interpellé(e) ou fait grandir, un objet important du moment. Après, nous chantons, puis nous écoutons, partageons, questionnons un passage ou des « éclats » d’évangile (2) ou un autre texte, par exemple, de Marcel Légaut, de Rabbi Nahman, de Kabîr, Guru Nanak et Sai Baba, de Martin Buber. Ensuite, nous nous confions les uns les autres nos proches, nos moins proches et le monde. Vient alors le temps de faire mémoire de Jésus et de partager le pain avec des textes au départ inspirés de Paroles pour le partage du painde Paul Fleuret, écrit pour une communauté de base de Nantes puis aujourd’hui par des textes écrits par moi-même ou par d’autres (Jacques Musset, Pierre Castaner, etc.) (3).

Par ce geste de la fraction du pain, nous redisons notre foi
en lui qui est vivant et en son Esprit qui nous fait vivre.
Par ce geste, nous nous reconnaissons frères et sœurs.
Nous signifions que nous voulons partager notre pain avec celles et ceux
que nous rencontrerons dans le quotidien : le pain de la parole,
le pain de la liberté, le pain du respect, le pain de l’attention et de l’écoute,
le pain de la confiance, le pain de l'Évangile,
le pain de la paix et de la justice entre les peuples, le pain de la fraternité !

Le partage se termine par la reprise du chant et par cette prière de Marcel Légaut : « Que chacune et chacun aillent en paix sur la voie qui est sienne avec l’exactitude de la fidélité ». Avant de nous séparer, nous buvons le verre de l’amitié et de la fraternité, en général, la clairette de Die.

Chacune ou chacun prépare à tour de rôle et reçoit le déroulé et les textes choisis quelques jours avant le Partage. Chaque temps de Partage dure environ deux heures entre 18H00 et 20H00.

Il ne s’agit pas de faire concurrence à l’eucharistie « modèle déposé catholique » (Paul Abela), certain(e)s y participent, d’autres n’y participent plus. Il s’agit simplement de répondre à notre manière et avec ce que nous sommes à ces deux versets de l’Évangile : « Quand deux ou trois sont réunis en mon nom, je suis au milieu d’eux » et « Faites ceci en mémoire de moi ». Nous prenons tout simplement en main le repas du Seigneur.

Serge Couderc                          

_________________________

1) Ces lettres ont été publiées par la suite en 2021 aux éditions Tallandier dans la collection ESSAIS sous les titre et sous-titre Chroniques du temps de peste. Donner un sens à ce que nous vivons. Un excellent ouvrage.

2) J’ai réalisé un jeu de 32 cartes dont chacune propose un verset des évangiles. Chaque participant tire trois cartes et en conserve une seule pour dire en quoi celle-ci lui parle, le questionne, « le gonfle », le rejoint, l’interpelle, le pousse et l’appelle, l’important n’étant pas la citation mais ce qu’elle provoque en lui et ce qu’elle l’invite à témoigner de sa vie.

3) Je tiens cette dizaine de prières sur le pain à disposition pour celles et ceux que cela intéresse : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. et je vous invite à en créer d’autres.

    

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Pensées

  • L'activité divine est de l'ordre de la présence dans le silence.
    Marcel Légaut

  • Oh, n’être rien, mais seulement être !
    Marcel Légaut

  • On ignore toujours où l’on va lorsqu’on se lève pour partir.
    Marcel Légaut

  • Dans la mesure où le chrétien s’approche du dénuement de Jésus-Christ par la découverte de son propre dénuement, il peut être le prochain de l’homme qu’il rencontre.
    Marcel Légaut

  • On ne sait jamais quand éclatera la lumière qui vient soudain illuminer l’esprit.
    Marcel Légaut

  • Il faut aller droit le chemin, fuir toutes les distractions qui ralentissent la marche, se refuser à ménager, pour l’avenir, toute position de repli, couper derrière soi tous les ponts.
    Marcel Légaut

  • La prière et la recherche sont les deux compagnes obligatoires, inséparables, de la vie de foi; elles la soutiennent et l’aident à grandir.
    Marcel Légaut

  • Quand l’aiguillon de la nécessité ne vient pas les pousser au-delà d’eux-mêmes, la plupart des hommes spontanément s’abandonnent à la routine des occupations quotidiennes.
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  • Il est prudent de ne pas annoncer à l’avance ce que l’on se propose de réaliser, car c’est rarement ce que l’on fera vraiment.
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  • Il n’y a que les paroles vraies, fruits de ce qui a été vécu sans partage, qui méritent d’être dites et écoutées.
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  • Désormais c'est en découvrant personnellement le sens de sa propre vie que l'homme peut faire l'approche du mystère de Dieu.
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  • L’homme –et c’est sa grandeur- est capable de découvrir sa radicale impuissance à être ce qu’il lui faudrait être pour devenir soi-même.
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  • Combien rares sont les chrétiens qui réfléchissent sérieusement à ce qu'ils croient!
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  • La vie spirituelle ne s'enseigne pas " de bouche à oreille ". Quand l'occasion en est donnée, elle se communique " de coeur à coeur ", secrètement et comme par révélation.
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  • D'exigences en fidélités, et de fidélités en exigences, l'homme est en marche vers son humanité.
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  • Il est cependant une circonstance où la solidarité humaine rejoint la charité et atteint son sommet : la solidarité humaine devant la mort, quand celle-ci approche et que les hommes le savent.
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  • Comme un aliment que l’estomac ne digère pas, la vérité reçue sans être en quelque sorte redécouverte embarrasse, alourdit l’intelligence de l’homme ou du moins ne la nourrit pas.
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